DIEU[1] ET L’AFRIQUE. UNE APPROCHE EXILIQUE, TESTAMENTAIRE ET THÉRAPEUTIQUE. Hommage théologique à Hubert Bangu, décédé à Ottawa, le samedi 28 octobre 2017. Paix à son âme entre les mains de Dieu

Par Le Professeur Benoît AWAZI MBAMBI KUNGUA[2] (Philosophe, Sociologue et Théologien, Prophète-Président du CERCLECAD, Ottawa, Canada).

Ce mot d’hommage sourd spontanément de mon cœur après les obsèques de mon ami et frère Hubert Bangu décédé à Ottawa le samedi 28 octobre et qui a été enterré à Orléans (banlieue d’Ottawa) au Cimetière Saint Joseph hier matin, le samedi 4 novembre 2017.

L’événement qui a créé le déclic et qui m’a décidé de passer à la rédaction de ce bref hommage amical est un propos de table émis par le docteur Kalambay Kalula[3] qui disait à peu près ceci : « On raconte qu’avant d’envoyer les êtres humais sur terre, Dieu avait réuni un Africain et un Européen et leur avait demandé ceci : « J’ai deux continents où je veux envoyer des êtres humains : L’Afrique (rempli des richesses minières) et l’Europe (rempli des livres). Lequel voulez-vous choisir chacun ? » L’Africain fut le premier à répondre à la question du Créateur en choisissant dans l’empressement le continent débordant des richesses minières et l’Européen répondit calmement que je choisis le continent où il n’y a que des livres» J’ai aussitôt dit au docteur Kalula que j’allais rédiger quelques lignes de méditation pour faire bénéficier la totalité de notre réseau mondial du Cerclecad de cette anecdote hautement pédagogique[4]. Il a aussitôt enchaîné avec un autre apophtegme qui stipulait à peu près ceci : « Personne n’a le droit de quitter ce monde sans laisser des traces écrites dans lesquelles sont lobées des savoirs et connaissances qu’il a engrangés tout au long de son pèlerinage éphémère sous le soleil de Dieu. Car nous arrivons dans ce monde sans aucun savoir conscient et toute notre vie va être une longue période d’incubation prophétique pour que nous accédions au projet que Dieu a pour chacun de nous et pour l’humanité sortie de ses mains. » Il y a plusieurs fleuves de vie qui sortent de ces deux paraboles sapientiales et je dois absolument suivre les flots d’un seul fleuve : celui de l’écriture[5] et des vertus anamnétiques et thérapeutiques des savoirs philosophiques écrits dans la tradition platonicienne (Le Phèdre). Mais avant de le faire, je dois mentionner l’effondrement total des infrastructures ferroviaires, manufacturières et routières laissées par les colonisateurs et dont l’une des raisons est ce déficit de savoir et de compétences requises dans la gestion responsable des infrastructures extraverties léguées par la colonisation belge. Le cas le plus ahurissant est celui du dictateur Mobutu qui avait chassé tous les Européens au début des années 70 pour confier toutes les entreprises entre les mains de ses courtisans incompétents et ignorants. Le bilan est sans équivoque. Aujourd’hui[6], Il n’y a plus rien qui marche au Congo, excepté les brasseries et les restaurants, le long des rues de Kinshasa, de Lubumbashi, de Kisangani, de Kindu, de Bandundu, de Matadi, de Boma, de Kananga et d’autres grandes villes, qui vendent des boules de foufou et différents types de viandes. Le foufou a des grandes vertus somnifères et la bière vient parachever le processus ahurissant et soporifique de la zombification et d’anesthésie de la population congolaise en agonie avancée – matériellement et intellectuellement !

Les brasseries permettent ainsi de garder – depuis l’époque de Mobutu jusqu’au régime actuel –  les masses populaires dans l’hébétude et l’ébriété en attendant le retour du Christ dont nous ignorons totalement la date exacte. D’ailleurs aujourd’hui, ce sont les Chinois[7] qui construisent les routesles stades et autres cirques pour les distractions des masses hébétées et asservies dans leur propre pays, « La République démocratique du Congo. ». Comment un pays peut-il décoller si même les routes sont construites par des Chinois, les nouveaux colonisateurs d’aujourd’hui, mais qui s’y prennent avec une démagogie impressionnante à couper le ‘’souffle’’ ?

Effectivement, dans la famille où j’ai passé la nuit du vendredi au samedi à Orléans (banlieue d’Ottawa), il y avait un bébé d’un mois à qui je donnais le biberon et avec qui nous communiquions uniquement avec nos regards. Quelle innocence angélique ? Que de chemin de l’enfance à l’âge adulte et que du chemin de l’errance dans les idolâtries matérialistes et consuméristes qui nous éloignent de l’Unique source de vie, Dieu, Le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ ?

Mais je me demandais aussitôt comment écrire quelque chose de clair, net et concis tout en faisant un lien raisonnable avec le contexte de deuil qui nous a réunis. C’est en rentrant chez moi que j’ai trouvé le lien, car avant de retourner à la maison, je suis passé à la maison de notre frère Hubert avec un autre ami et dès la descente de la voiture, j’ai aperçu le père Polydore Twanga (OMI) qui était en train de ramasser avec une fourche les feuilles mortes devant le domicile d’Hubert. Du coup, une étincelle s’est allumée dans mon esprit et j’ai immédiatement trouvé un lien rationnel entre l’anecdote susmentionnée et le contexte de deuil : ce lien se noue autour de la personne du père Polydore Twanga pour deux raisons : (1) Il est un frère de Thérèse, la veuve de Hubert et il est présent à la maison depuis le décès de ce dernier pour donner un coup de main dans les travaux de la maisonnée, et (2) Il poursuit une recherche doctorale en théologie sur l’Exil panseur (au sens de panser ou de guérir une blessure). Mais je signale en passant que l’Exil peut aussi être ‘’penseur’’ au sens précis où la pensée savante peut receler des vertus hautement thérapeutiques. C’est dans ce sens que j’interprète le fait décisif selon lequel l’essentiel de la Bible hébraïque (80% constitués de la Torah et des Prophètes) a été définitivement écrit dans une situation catastrophique d’Exil à Babylone. C’est donc au cœur même de la mort que constitue l’épreuve de l’Exil que les élites religieuses juives vont relire théologiquement les 400 ans de l’histoire catastrophique de la royauté en Israël. Cette relecture sera archivée dans notre Bible actuelle. Il y a donc un temps pour tout sous le soleil de Dieu : un temps pour relire sa vie devant Dieu (Deutérose) et un temps pour la cristalliser et l’archiver par écrit (Deutérographie).

D’où le sous-titre de mon hommage théologique à Hubert Bangu : UNE APPROCHE EXILIQUE, TESTAMENTAIRE ET THÉRAPEUTIQUE.

Mais avant de procéder à mon hommage qui consistera en un bref commentaire spirituel des trois concepts qui charpentent le sous-titre, je vais commencer par une introduction qui restitue les hommages appuyés et inoubliables que beaucoup de personnes ont rendus à Hubert Bangu. Durant l’exposition du corps, le vendredi 3 novembre 2017, dans la soirée à l’Église baptiste d’Ottawa (Orléans), il fallait voir non seulement l’affluence des participants de plusieurs horizons socioculturels, mais surtout, l’unanimité totale sur la personnalité de Hubert comme quelqu’un d’aimable, de souriant, de courtois, de blagueur, de généreux et de serviable. Que ce soit les collègues du travail qui sont venus nombreux, ou les membres de l’Église baptiste qui se sont mobilisés massivement depuis le séjour à l’hôpital jusqu’au décès, ou encore les membres de la communauté congolaise et africaine d’Ottawa-Gatineau ; Hubert était carrément un saint avec lequel il était vraiment très difficile d’entrer en conflit. Un membre de l’Église a raconté durant son témoignage comment Hubert était une personne agréable dans toute la communauté ecclésiale et il était vraiment difficile d’avoir de problèmes avec lui. Le consensus sur le caractère affable et aimable d’Hubert a été mis en évidence avec une clarté et une netteté imposantes. Une ultime boutade de cet autre membre de l’Église consistait à dire qu’il demandera à Dieu de le mettre dans le quartier Sud du Paradis et de placer Hubert dans le quartier Nord, pour éviter des disputes au paradis, alors que tous les témoignages attestaient massivement qu’Hubert n’avait de problèmes avec personne. Les membres de sa famille et des communautés congolaise, haïtienne et africaine qui l’ont côtoyé en famille, dans des réunions festives de socialisation ou dans des Églises, ont témoigné à l’unanimité sur l’amabilitéla générositéla courtoisie et la serviabilité d’Hubert. Que maintenant, de là haut il se trouve, qu’il continue d’intercéder pour nous.

Le moment est maintenant venu de faire une brève glose de chaque adjectif qualificatif constitutif du sous-titre de cet hommage : UNE APPROCHE EXILIQUE, TESTAMENTAIRE ET THÉRAPEUTIQUE.

Mon hommage se veut résolument exilique car nous nous trouvons au Canada, et c’est à partir d’une immersion d’une quinzaine d’années au Canada que je puis relever certains défis spécifiques de « l’intégration hypothétique des Africains au Canada ». Dans une dynamique biblique et christologique, il me faut affirmer le rôle matriciel de l’Exil dans l’histoire de la Révélation de Dieu à son peuple, car l’essentiel de la Torah (Pentateuque) et des Prophètes a été fixé et archivé durant et après la période de l’Exil du peuple juif à Babylone (597 av. J.C à 538 av.J.C). Alors que la situation de l’Exil constitue une situation littérale et théologique de mort du peuple et de l’alliance contractée avec YHWH dans le désert sous la médiation prophétique de Moïse, c’est au cœur de ce creuset paradoxal que les élites intellectuelles et théologiques juives vont réinterpréter l’effondrement de 400 ans de la monarchie esclavagiste et idolâtre devant les exigences de l’Alliance avec Dieu. Le livre des Rois qui contient les deux paroxysmes prophétiques (Élie, Elisée) de la théologie deutéronomiste affirment sans équivoque la principale raison de la catastrophe de l’Exil du peuple d’Israël à Babylone : Dieu a puni l’injustice sociale, l’idolâtrie astrale et le culte impie de Baals (divinité cananéenne de l’orage et de la végétation) par le peuple apostat. La fin du livre des Rois est impitoyablement « sans équivoque » : « Le Seigneur envoya contre Yoyaqim des bandes des Chaldéens, des bandes d’Araméens, des bandes de Moabites et des bandes de fils d’Ammon ; il les envoya contre Juda pour l’anéantir, selon la parole que le Seigneur avait dite par l’intermédiaire de ses serviteurs les prophètes. C’est uniquement sur l’ordre du Seigneur que tout cela arriva à Juda, pour qu’il fût écarté loin de sa présence. C’est à cause des péchés de Manassé, de tout ce qu’il avait fait, et aussi à cause du sang innocent qu’il avait répandu et dont il avait rempli Jérusalem, que le Seigneur ne voulut pas pardonner. » (II Rois 24, 2-4).

Sans entrer dans des sophistications de l’Exégèse biblique, je tiens juste à mettre en évidence la nécessité à la fois épistémologique, théologique et politique pour les Africains de relire devant Dieu et leurs propres consciences, les tragédies et les catastrophes qui jalonnent les 4 derniers siècles de leur insertion servile dans la Géopolitique mondiale. C’est le point focal de mes recherches pluridisciplinaires qui se jouent aux interstices de la Philosophie, de la Théologie et des Sciences sociales et politiques. Au lieu d’être uniquement des pourvoyeurs serviles des dollars par Western Union pour leurs familles maintenues dans la misère par les élites nègres postcoloniales, les diasporas doivent aussi transmettre les savoirs et autres compétences philosophiques et scientifiques longuement mûris et incubés durant leurs trajectoires exiliques dans le monde occidental. Elles doivent aussi regarder en face les situations précaires et subalternes qui sont le lot de la grande majorité d’entre leurs membres dans des sociétés occidentales aux prises avec des crises protéiformes et structurelles sur le sens de la vie, le nihilisme et les coups de boutoir de l’omniprésence de la religion néolibérale et idolâtrique en déclin.

Mon hommage est ensuite propulsé par une intentionnalité testamentaire justement parce que toute la Bible est constituée de deux testaments et tout testament gravite nécessairement autour de la mort d’une personne qui laisse par écrit ses dernières volontés à appliquer  minutieusement après sa mort dont il n’a aucun contrôle, parce qu’il s’agit d’une opération de métamorphose théologique qui fait passer une personne de la temporalité et de la corporéité à la l’éternité et à une situation analogue à l’ange. Hubert a laissé à toutes les multiples communautés auxquelles il a successivement appartenu et dans lesquelles il a vécu sa vie exilique des valeurs d’amabilité, de générosité, de courtoisie et de jovialité dont nous avons tous besoin pour poursuivre notre pèlerinage avant que ce soit le tour de chacun et chacune de nous au « moment de Dieu »[8] qui échappe à toute prévision néolibérale et bureaucratique. Tout testament implique aussi une écriture, et l’une des raisons de cet hommage consiste à faire une herméneutique approfondie de l’anecdote racontée au tout début de mon texte et qui se résume en ceci : « Devant la question de Dieu à un Africain et à un Européen sur la nécessité de faire un choix entre un continent rempli de minerais et un continent rempli de livres, l’Africain a choisi précipitamment les minerais et l’Européen, les livres. » Évidement, toute parabole est une haute invitation à mettre en œuvre des stratégies herméneutiques pour comprendre en profondeur le sens caché d’un récit avant d’en tirer des conséquences opérationnelles ici et maintenant. » Je laisse à chaque lecteur ou lectrice le temps d’interpréter cette parabole en ayant en mémoire les quatre derniers siècles de la confrontation de l’Afrique avec la Volonté de puissance de la Modernité occidentale et dont les principales scansions sont : la traite des Noirs, l’esclavage dans les Amériques et les Antilles, la colonisation militaire in situ et la Mondialisation néocoloniale. Au-delà de la supériorité militaire, il convient aussi d’admettre l’absence de stratégies graphiques et des bibliothèques d’accumulation, de reproduction et de dissémination des savoirs substantiels qui tracent la démarcation ontologique entre l’animal humain à deux pattes qui a libéré ses mains pour les arts graphiques et agricoles et l’animal stupide à quatre pattes qui est totalement tourné vers la bassesse de la terre. Une simple observation rapide montre que les animaux à quatre pattes n’écrivent pas et ne produisent par des œuvres sémiologiques[9] qui miment d’une certaine façon l’éternité divine, car tout texte peut être reproduit, lu et transmis de façon infinitésimale, ce que la raison orale ne peut pas performer avec la même permanence sémiologique et matérielle qui mobilise la vue – contrairement à la raison orale qui mobilise l’ouïe.

Mon hommage culmine finalement dans l’essence thérapeutique du tournant prophétique des théologies africaines contemporaines que je suis en train d’imprimer avec ambition et conviction dans l’échiquier théologique mondial à l’aube du XXIème siècle. Le terme de l’Exil à la fois ‘’panseur’’ et ‘’penseur’’ combiné à celui du testament qui passe toujours par une ‘’trace écrite’’ contenant les ultimes volontés du mort après son ekstase définitive de ce monde débouchent dans une théologie prophétique et donc, thérapeutique. Toute prophétie ne fait que faire retentir avec aplomb la Transcendance et la souveraineté de Dieu[10]. Et lorsque Dieu parle il réalise immédiatement sa Parole sans aucune ekstase temporelle, et cela passe nécessairement par une cascade bouleversante d’irradiations énergétiques, de miracles et de guérisons.

Déjà dans le Phèdre de Platon, l’écriture philosophique est un remède (Pharmakon) pour l’âme humaine encapsulée dans un corps animal et mortel. La renaissance africaine passe nécessairement par une phase de métamorphose par la connaissance philosophique et théologique qui guérit en faisant passer d’un état initial d’ignorance animale vers un état de connaissance holistique permettant la transgression des limites biophysiques imposées par notre corps. Dans une cérémonie d’enterrement, les gestes posés valent 1000 Encyclopédies de Platon, Hegel ou Heidegger. Par exemple, quand on met le cercueil dans la terre, on voit bien littéralement que le principe qui nous main (tient) en vie n’est ni matériel ni visible et que le corps de l’homme est bel et bien une poussière qui retournera à la poussière, comme l’affirme d’entrée de jeu le livre archétypique de le Genèse : « À la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras. » (Genèse 3, 19).

Maintenant j’aimerais entendre les partisans occidentaux de la « fameuse » et « blasphématoire » Exégèse historico-critique et démythologisante, et je suis prêt pour un débat écrit et argumenté, ici et maintenant. Lorsqu’on dépose le cadavre d’une personne dans la terre, alors où est la démythologisation (Bultmann et ses épigones oubliés aujourd’hui) et que vient-elle faire dans un acte littéral de retour à la terre humaine dans la terre cosmique ? À la suite des grands maîtres comme Hans Urs von Balthasar, Jean-Luc Marion et Michel Henry, j’accuse les Exégètes et théologiens historico-critiques d’être les seuls responsables de la désertion des Églises en Europe et en Amérique du Nord et de la disparition rapide des Grandes Congrégations missionnaires qui nous ont annoncé l’Évangile du Dieu Crucifié et Ressuscité, Jésus-Christ, le Juif de Galilée. D’ailleurs moi-même, je vis ici à Ottawa, depuis maintenant 6 ans, dans une Église devenue marché et qui s’appelle maintenant « Saint Charles Market[11] de Vanier » au lieu de son nom initial de l’Église Saint Charles (Saint Charles Church). Et nous sommes au cœur des institutions politiques et universitaires de la Capitale fédérale du Canada. Oui Rira bien qui rira le dernier et Qui vivra verra la puissance impressionnante et thaumaturgique du Tournant prophétique des Théologies négro-africaines contemporaines partout dans le monde à travers la dissémination tous azimuts de nos publications ambitieuses et l’irruption de nombreux disciples qui émergent avec éclat dans l’échiquier théologique mondial du XXIème siècle. Encore une fois je répète mon refrain : « Rira bien qui rira le dernier et qui vivra, verra. »

CONCLUSION.

Avec les nouvelles technologies de l’information, de la communication et de la rapidité dans l’édition des livres savants et ambitieux pouvant servir de supports didactiques et pédagogiques dans les universités africaines, je suis convaincu que les diasporas africaines sont capables de restituer à l’Afrique la plus ‘’value intellectuelle, philosophique et théologique’’ qu’elles ont laborieusement engrangée tout au long de leurs aventures migratoires aléatoires et précaires en Europe et en Amérique du Nord.

L’Afrique ne pourra pas honorablement faire face aux défis protéiformes, complexes et dangereux qui se dressent sur sa survie en ce début du XXIème siècle uniquement avec des stratégies  ethno-politiques et alimentaires de l’oralité qui lui ont été désastreuses avec la science moderne de provenance cartésienne et mathématique (Mathesis Universalis).

Par delà les aides financières de plus en plus rares par Western Union pour supporter leurs familles abandonnées et durablement asservies par les élites nègres de la postcolonie et – dont la plupart sont ignares – les diasporas africaines en Occident doivent impérativement investir dans la circulation maximale des savoirs, des idées et des cerveaux entre l’Occident et l’Afrique débouchant sur la promotion des bibliothèques savantes et pluridisciplinaires capables de faire émerger les élites de demain qui brilleront par leur ingéniosité, leur érudition et leur amour pour l’Afrique en vue de son émancipation intégrale en ce début du XXIème siècle.

À Dieu Hubert BANGU et que la terre de nos ancêtres te soit légère et qu’ils te servent maintenant de « guides » dans cette nouvelle phénoménalisation de la phénoménalité non ekstatique dans laquelle Dieu t’a plongé. À Dieu Hubert BANGU !


[1] Pour des contributions approfondies et émancipatrices sur la puissance insondable et énergisante de Dieu dans les batailles des Africains pour leur libération intégrale de la situation d’esclavage dans lequel ils vivent depuis le XVIème siècle, je renvoie à notre numéro colossal et imposant de la revue ‘’Afroscopie’’ : Benoît Awazi Mbambi  Kungua (Dir.), Dieu et l’Afrique. Une approche prophétique, émancipatrice et pluridisciplinaire, Afroscopie VI/2016, (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), Op. cit.   

[2] Docteur en Philosophie de l’université Paris IV-Sorbonne (avec une thèse en phénoménologie : Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005, dirigée par le professeur Jean Luc Marion de l’Académie française) et titulaire d’un DEA en Théologie de l’université de Strasbourg, Benoît Awazi Mbambi Kungua focalise ses recherches pluridisciplinaires sur la quête d’un leadership éthique, intellectuel, prophétique et réticulaire, pour l’éclosion effective d’une « Autre Afrique », celle qui marche, fière, digne et debout, vers l’édification d’un avenir prospère pour ses populations malmenées par la crise économique dite pompeusement « mondiale ». Il est l’actuel président du Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et des diasporas (Cerclecad, www.cerclecad.org) basé à Ottawa, au Canada. Parmi ses ouvrages, signalons : Panorama de la Théologie négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2002 ; Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005 ; Panorama des Théologies négro-africaines anglophones, L’Harmattan, Paris, 2008 ; Le Dieu crucifié en Afrique. Esquisse d’une Christologie négro-africaine de la libération holistique, L’Harmattan, Paris, 2008 ; De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011 ; Déconstruction phénoménologique et théologique de la modernité occidentale : Michel Henry, Hans Urs von Balthasar et Jean-Luc Marion, L’Harmattan, Paris, 2015. Son prochain ouvrage a pour titre Le Tournant prophétique des théologies négro-africaines contemporaines. De l’Auto- Performativité de la DeutéroseL’Harmattan, Paris, 2020.

[3] Le docteur Kalula est investi dans la promotion intellectuelle des cultures africaines au Canada, à travers ses œuvres d’art et ses ouvrages. Il m’a à plusieurs reprises réaffirmé son immense foi en la Renaissance holistique des Africains à travers une éducation solide à la noblesse de caractère et à la responsabilité intellectuelle et politique des Africains eux-mêmes face à leur destin dans la Géopolitique mondiale avec ses rapports de force largement défavorables à l’Afrique. C’est donc cette situation historiquement dangereuse qui devrait servir de catalyseuse et de tremplin dans l’émergence des Africains comme ‘’subjectivités auto-performatives’’ conscientes d’elles-mêmes et imputables de leur destin dans le monde d’aujourd’hui.

[4] Lire aussi notre revue : Benoît Awazi Mbambi  Kungua (Dir.), Les Intellectuels africains au Canada : Missions, Figures, Visions et LeadershipsAfroscopie V/2015, (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), publiée par Le Cerclecad-Harmattan, Ottawa-Paris, 2015, Op. cit.

[5] Je renvoie à mon article diffusé le 2 novembre 2017 dans notre réseau scientifique et médiatique mondial du Cerclecad : « Quand un Prophète devient Président de la République par le Choix de Dieu. L’Écriture et l’Agriculture comme stratégies gagnantes de la conquête du pouvoir théologique et politique en Afrique. »

[6] Lire : Benoît Awazi Mbambi  Kungua, De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, Op. cit ; Benoît Awazi Mbambi Kungua (Dir.), Les Diasporas africaines et noires face au développement. Enjeux, Défis et Perspectives d’avenir, Afroscopie II/2012 (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), Op. cit ; Benoît Awazi Mbambi  Kungua (Dir.), Le Bilan de 50 ans des indépendances politiques africaines et les défis de l’intégration des Africains au Canada. Histoire, Enjeux éthiques et Perspectives d’avenir pour la Renaissance africaine, Afroscopie III/2013. Op. cit.

[7] Sur la colonisation économique, impitoyable et méprisante de la Chine en Afrique, lire notre revue : Benoît Awazi Mbambi  Kungua (Dir.), La Chine et l’Inde en Afrique. Une approche postcoloniale et pluridisciplinaire. Suivi de plusieurs articles en théologie, philosophie et sciences sociales et politiques, Afroscopie VII/2017, Op. cit.         

[8] Terme architectonique de la Spiritualité du Vénérable François Marie Paul Libermann, Deuxième Fondateur des Pères du Saint Esprit. Pour un premier contact sommaire de ses écrits, lire : Alphonse Gilbert, Dieu est Tout. François Libermann, Orphelins apprentis d’Auteuil, Paris, 1990. (Je signale en passant que François Libermann fut le fils d’un rabbin de Saverne qui se convertit au Catholicisme sans laisser tomber la richesse mystique et théologique de la religion des ses pères hébreux).

[9] Il est regrettable de constater que jusqu’aujourd’hui les institutions universitaires africaines n’ont pas tiré toutes les conséquences théoriques et pratiques de promotion des bibliothèques d’accumulationde reproduction et des savoirs pluridisciplinaires en vue de faire face aux défis de ce début du XXIème siècle. Les débats sur l’inexistence d’une philosophie africaine étaient cristallisés justement sur l’absence d’archives lors de l’irruption des Européens en Afrique et ce sont eux qui ont mis en alphabet nos langues. Il faut avoir en mémoire cette sinistre réalité pour comprendre dans toute leur envergure les débats contemporains sur les philosophies africaines et dont notre revue donnera avec puissance la position ambitieuse des chercheurs affiliés au Cerclecad. Lire notre revue colossale et imposante : Benoît Awazi Mbambi  Kungua (Dir.), Philosophies africaines, Études postcoloniales et Mondialisation néolibérale. Variations africaines et diasporiques, Afroscopie VIII/2018, (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), publiée par Le Cerclecad-Harmattan, Ottawa-Paris, 2018.

[10] Pour une approche strictement phénoménologique et théocentrique de la Prophétie divine, je renvoie à mes deux ouvrages récapitulatifs : Benoît Awazi Mbambi Kungua (Dir.), Déconstruction phénoménologique et théologique de la modernité occidentale : Michel Henry, Jean-Luc Marion et Hans Urs von Balthasar, Op. cit ; Benoît Awazi Mbambi Kungua (Dir.), Le Tournant prophétique des théologies négro-africaines contemporaines. De l’Auto- Performativité de la Deutérose, Op. cit.

[11] Autour de l’Église se trouvent des panneaux avec des plans officiels déjà ‘’approuvés’’ par la Ville d’Ottawa qui montrent ce que deviendra cette ancienne Église. Le site sera bientôt aménagé en un ensemble d’appartements de luxeun restaurant et un marché dans l’Église même, ainsi qu’un vaste centre commercial pour le déploiement de la religion néolibérale et baalique. Oui qui vivra verra et rira bien qui rira le dernier !