Hommage théologique et intellectuel au Grand Baobab de la Théologie africaine contemporaine, l’Abbé Oscar BIMWENYI KWESHI

  • Post last modified:May 12, 2022

Hommage théologique et intellectuel au Grand Baobab de la Théologie africaine contemporaine, l’Abbé Oscar BIMWENYI KWESHI (Né en République démocratique du Congo en 1939 et décédé à Bruxelles le 06 mars 2021)

Par Le Professeur Benoît AWAZI MBAMBI KUNGUA[1]

Je viens d’apprendre avec tristesse la mort du Grand Baobab de la théologie négro-africaine contemporaine, le prêtre catholique congolais Oscar BIMWENYI KWESHI aujourd’hui le 6 mars 2021, à Bruxelles, en Belgique. Je l’ai rencontré à plusieurs reprises ces dernières années de 2016 à 2019 dans la Communauté des Missionnaires Spiritains à Gentinnes en Belgique, où il a passé la dernière étape de sa trajectoire biographique sur terre. L’abbé Bimwenyi est resté un homme affable, aimable, courtois et joyeux d’être prêtre de Jésus-Christ et témoin de son Évangile dans notre monde du XXIème siècle agité par des crises écologiques, virales, migratoires, politiques et prédatrices des ressources vitales de la planète par les grandes puissances hégémoniques du monde.

Les encyclopédies qui retraceront l’historiographie savante des théologies africaines donneront une place de choix à l’ouvrage colossal de Bimwenyi Kweshi, Discours théologique négro-africain. Problème des fondements, Présence Africaine, Paris, 1981. L’auteur nous a laissé une somme imposante et érudite qui a jeté avec puissance et éclat les fondements épistémologiques et philosophiques d’un discours africain sur le Dieu de Jésus-Christ par les théologiens appartenant aux Églises instituées par les missions européennes en Afrique coloniale et postcoloniale. Bimwenyi nous a laissé son testament en faisant preuve d’une érudition époustouflante. D’aucuns ont dit que l’auteur du monumental Discours théologique négro-africain a donné toutes ses forces vives, vitales et ancestrales du « bosquet initiatique » dans ce chantier gigantesque de production d’une théologie chrétienne arrimée à l’immanence religieuse et holistique des cultures africaines régie par la raison orale, holistique et symbolique. Il a ainsi honoré les exigences de l’immanence Divine des Personnes dans la Trinité ainsi que les exigences philosophiques impulsées par le tournant herméneutique[2] de la théologie au XXème siècle (Claude Geffré) et l’Âge herméneutique de la raison (Jean Greisch[3]). C’est dans cette perspective d’une phénoménologie herméneutique qu’a porté ma thèse doctorale publiée sous le titre : Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la Donation et Phénoménologie Herméneutique : Une alternative[4] ?

Je profite de la mort du prêtre et théologien Oscar Bimwenyi Kweshi pour soulever avec gravité et aux yeux du monde entier les conditions de précarité et de pauvreté systémique dans lesquelles ces pionniers de la théologie africaine vivent leurs vieux jours sur terre : sans aucune pension, sans aucune retraite et dans l’indifférence totale de leurs évêques plutôt « Fonctionnaires de Dieu » que Pères des Églises et des prêtres sans lesquels ils ne peuvent pas exercer pleinement leur ministère épiscopal. Sans généraliser cette situation de pauvreté systémique des prêtres catholiques africains, je me limite à mon pays la République démocratique du Congo pour signaler qu’un autre pionnier de la théologie africaine, l’abbé Alphonse Ngindu Mushete[5] a passé ses vieux jours dans la pauvreté à Kinshasa, obligé de continuer à enseigner jusqu’à sa mort pour subvenir à ses besoins physiologiques primaires. Je dois aussi signaler que l’abbé Oscar Bimwenyi Kweshi était accueilli dans la Communauté des Pères Spiritains à Gentinnes, en Belgique où il partageait la vie communautaire avec d’autres prêtres belges et africains qui y vivent. Aujourd’hui dans les Églises africaines, trois magistères sont en train de s’exercer dans la complémentarité théologique, car chacun reçoit la grâce de l’Esprit Saint pour le bien de la totalité du corps du Christ, qu’est l’Église famille de Dieu en Afrique. Il importe de rappeler ces trois Magistères dont l’exercice quotidien entraîne nécessairement des conflits des savoirs et des pouvoirs inhérents à toute communauté humaine que reste l’Église ici sur terre, il s’agit du Magistère épiscopal, du Magistère théologique et du Magistère prophétique. L’histoire de l’Église au XX siècle est remplie des conflits des pouvoirs et des savoirs entre ces trois magistères essentiels dans toute communauté de foi humano-divine que reste l’Église. Les monuments de la théologie du XX siècle tels que Balthasar, Daniélou, De Lubac, Congar, Küng (…) ont tous été affectés et frappés à des degrés divers par la tension théologique entre la hiérarchie et le charisme théologique et prophétique. Il importe de penser l’articulation théologique entre ces trois Magistères aujourd’hui dans les Églises centenaires d’Afrique contemporaine.

La meilleure façon de rendre un hommage intellectuel et théologique au Baobab de la théologie africaine qu’est l’abbé Bimwenyi Kweshi est de le faire par des publications d’envergure. Sa mort advient au moment où je viens de publier la deuxième Édition revue, corrigée et augmentée de mon Panorama Théologie négro-africaine contemporaine qui retrace les grands acteurs et courants de cette historiographie théologique de 1956 à 2021. Je reprends ci-dessous l’extrait de mon Panorama dans lequel je présente succinctement l’ouvrage magistral et monumental de Bimwenyi Kweshi. Deux de mes ouvrages sont parus simultanément chez l’Harmattan ce mois de février/mars 2021 et dans lesquels je pose progressivement les jalons de mon œuvre théologique et prophétique aujourd’hui en Afrique et dans ses diasporas.

Je mets en Fichiers joints les pages de couverture de ces deux ouvrages (B AWAZI MBAMBI KUNGUA, Panorama de la Théologie Négro-Africaine  Contemporaine[6] *ID., Le Tournant prophétique des théologies négro-africaines contemporaines. De l’Auto- Performativité de la Deutérose[7]. J’exhorte vivement nos jeunes théologiens et chercheurs du Cerclecad à se lancer dans la rédaction des articles ambitieux pour un hommage intellectuel et théologique à la hauteur de notre ancêtre et Baobab Bimwenyi Kweshi qui vient de tirer sa révérence de la scène de la manifestation phénoménologique et ekstatique de la labilité du monde qui passe à une vive allure. Je rappelle que la date butoir pour l’envoi des articles pour alimenter notre revue « Afroscopie 2022 » est fixée au 31 août 2021. Donc il y a du temps pour nous mettre au travail et proposer des textes d’hommage ambitieux. Je rédige avec émotion des mots d’hommage théologique au Baobab Bimwenyi en même temps que je suis en train de rédiger ma préface à l’ouvrage tout aussi ambitieux de l’abbé César Mawanzi qui rend aussi un hommage magistral à un autre Maître de la théologie africaine contemporaine, Jean-Marc Ela qui a aussi passé les 13 dernières années de sa vie dans la précarité et la pauvreté de l’Exil à Montréal Nord, au Canada. En lisant attentivement l’ouvrage coriace de César Mawanzi, ma jubilation prophétique est inextinguible, parce que la moisson de la théologie africaine est abondante, débordante et fulgurante. L’ouvrage a pour titre : Jean-Marc Ela : L’humanisme de la raison critique au cœur d’une pensée politique, L’Harmattan, Paris, 2021.

Je termine ce bref hommage en signalant que l’Université Catholique de Lyon vient de promouvoir un cours de théologies africaines dans son Programme de Master depuis ce mois de janvier 2021. Ce cours est donné par le père spiritain camerounais Jean-Claude Angoula dont je présente la pensée théologique sous le titre : « Une Théologie politique et prophétique des interférences entre l’Église, l’Islam et l’État su Sénégal », dans mon Panorama de la théologie négro-africaine contemporaine, pp. 213-224. Pour moi c’est un motif de fierté et d’action de grâce à Dieu pour la moisson spirituelle abondante des théologies africaines en train de se mondialiser. Le nombre grandissant des prêtres, religieux et religieuses africains en Europe, au Canada et aux États-Unis montre la mondialisation factuelle et intellectuelle des théologies africaines pour la simple raison que ce sont des Africains et des Afro-descendants qui constituent aujourd’hui plus de la moitié des effectifs dans les Facultés de théologies marginalisées en Occident et l’avenir académique des théologies africaines sera mondial ou ne sera pas. C’est avec cette prophétie que je clos ces mots d’hommage théologique au Grand Baobab de la théologie africaine qu’est Oscar Bimwenyi Kweshi et nous lui rendrons hommage par des articles qui paraîtront dans notre revue « Benoît AWAZI MBAMBI KUNGUA (Dir.), L’irruption stratégique de la Russie dans la géopolitique africaine postcoloniale. Perspectives épistémologiques, politiques, idéologiques et économiques dans la mondialisation néolibéraleAfroscopie XII/2022(Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), publiée par Le Cerclecad-Harmattan, Ottawa-Paris, 2022. »

À Dieu l’abbé Oscar BIMWENYI KWESHI, Prêtre de Jésus-Christ, fils de l’Église, fils d’Afrique et désormais ancêtre et Baobab de la théologie africaine dont la somme colossale et érudite continuera de fulgurer au firmament de la pensée théologique africaine pour l’éternité des éternités. Que Dieu à qui tu as consacré toute ta vie sur terre – avec son lot de joies, d’épreuves et d’espérance – te montre un visage d’amour, de grâce et de miséricorde.

À Dieu le Grand Baobab de la théologie africaine contemporaine

À Dieu fils de mon peuple, À Dieu le patriarche Abbé Oscar BIMWENYI KWESHI  et je te décore de la « Médaille de l’érudition pluridisciplinaire du Cerclecad » en vertu des pouvoirs prophétiques et thaumaturgiques d’Élie Le Tishbite de Tishbé dont je suis la deuxième incarnation après Jean-Baptiste.

À Dieu  Père Oscar BIMWENYI  KWESHI

Salutations prophétiques, divinatoires et prémonitoires,

Professeur Benoît Élie AWAZI MBAMBI KUNGUA.

Philosophe, Sociologue et Théologien.

Prophète-Président du CERCLECAD (Ottawa, Canada, www.cerclecad.org).

Courriels : benkung01@yahoo.fr & nabiawazi@gmail.com

Je reprends ci-dessous un extrait de ma présentation de l’œuvre monumentale d’Oscar BIMWENYI KWESHI dans mon Panorama de la Théologie négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2021, pp. 98-102.

B. Les fondements épistémologiques du discours théologique négro-africain

L’honnêteté intellectuelle oblige tout lecteur de l’imposante thèse de doctorat en théologie – Discours théologique négro-africain. Problème des fondements[8], soutenue à l’Université catholique de Louvain en 1977 par l’Abbé Oscar Bimwenyi-Kweshi de la République Démocratique du Congo – à reconnaître l’érudition, la compétence et la maîtrise avec lesquelles l’auteur jette les bases épistémologiques d’un discours théologique proprement africain dans le sillage de la phénoménologie herméneutique du langage religieux africain (mythes, épopées, contes, fables, proverbes, chansons, prières…). L’auteur dispose de connaissances encyclopédiques[9] sur le dossier et veut proposer un horizon de pensée théologique spécifiquement africain qui se démarque de l’horizon de la rationalité systématique (spéculative) de la métaphysique occidentale. La tâche qui s’impose aux théologiens africains consiste à chercher dans leurs propres univers culturels des expressions africaines de la foi en Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur du monde. La théologie de l’incarnation thématisée et exposée magistralement par le théologien Oscar Bimwenyi-Kweshi se situe en ‘’rupture épistémologique’’ avec la théologie missionnaire de l’adaptation du christianisme occidental dans la culture africaine. Cette théologie de l’adaptation[10] est basée sur le principe selon lequel il y aurait des ‘’pierres d’attente’’ dans les cultures négro-africaines qu’il suffirait de purifier, d’arracher aux anciennes murailles afin qu’elles resservent à bâtir la société chrétienne en Afrique.

Pour O. Bimwenyi-Kweshi il faut dépasser cette théologie de l’adaptation qui plaque sur les cultures africaines un christianisme déjà structuré selon la conceptualité philosophique, métaphysique et théologique de la culture occidentale. La théologie de l’incarnation qu’il propose se situe d’emblée au niveau d’une rencontre existentielle et effective entre la personne vivante de Jésus-Christ et les cultures africaines qui sont interpellées par le message de l’amour de Dieu qui se dit par la croix de Jésus-Christ. Il revient aux chrétiens africains d’opérer pour eux-mêmes et par eux-mêmes une réappropriation herméneutique et théologique de la révélation chrétienne en accueillant la force de transfiguration pascale dans les défis culturels, religieux, socio-politiques et économiques posés à l’Afrique par la faillite de l’État postcolonial.

Parce que la révélation chrétienne se déploie selon une structure ‘’thé-andrique’’ elle appelle nécessairement une pluralité d’expressions de la foi selon la diversité des cultures présentes dans le monde. D’une part, le pôle ‘’théique’’ est constitué par l’acte souverain et surnaturel de Dieu se révélant. En ce sens il est identique à lui-même. D’autre part, le pôle ‘’andrique’’ est essentiellement constitué par toutes les cultures qui ont rencontré le message de salut en Jésus-Christ. C’est donc la diversité culturelle du pôle ‘’andrique’’ qui justifie une pluralité de discours théologiques. C’est pourquoi, les théologiens africains ne sont pas obligés de passer par la médiation épistémologique de la métaphysique occidentale[11], mais  ils doivent  se frayer leurs propres chemins de réflexion théologique pour vivre et exprimer leur foi vivante en Jésus-Christ. Oscar Bimwenyi-Kweshi puise ses catégories théologiques dans les contes, les proverbes, les mythes, les prières et les chansons de son ethnie Luba en République Démocratique du Congo. Il revient à chaque peuple d’exprimer sa foi en Jésus-Christ d’après les harmoniques de sa propre culture.

L’africanité ou la manière spécifique d’être-au-monde du Négro-Africain n’a pas été totalement désintégrée (phagocytée) par l’imposition coloniale de l’Europe ; mais il existe des valeurs de la solidarité africaine, du respect de la vie et des rapports avec le monde invisible (Dieu, les ancêtres, les esprits…) qui sont autant d’éléments positifs susceptibles de favoriser une inculturation en profondeur de la foi chrétienne en Afrique. Tout en saluant les sacrifices héroïques et le courage des missionnaires européens qui ont évangélisé l’Afrique noire, l’auteur demande qu’on laisse aux Africains le temps et l’espace pour qu’ils s’approprient en toute liberté intérieure l’Évangile de Jésus-Christ selon les ressources ontologiques de la culture africaine. Il s’agit de vivre et d’expérimenter concrètement l’incarnation de Jésus-Christ dans la vie des chrétiens africains. La thèse de l’Abbé Oscar Bimwenyi Kweshi a le mérite de faire le point sur la quasi- totalité des publications des théologiens africains ayant trait à la légitimité d’une théologie de facture africaine depuis le débat de 1960 à la Faculté de Lovanium à Kinshasa jusqu’en 1977. Dans la préface à cette thèse monumentale et imposante (682 pages) Mgr Tharcisse Tshibangu, l’un des pionniers de la théologie africaine décrète la fin de la période apologétique de la théologie africaine en déclarant : « Nous considérons pour notre part que ce travail qui synthétise les éléments de la problématique d’une théologie africaine, clôture le débat de principe sur la possibilité et la légitimité d’une élaboration théologique africaine spécifiquement marquée. »[12]

Il revient donc aux théologiens africains de produire une théologie qui ne renonce pas à son statut scientifique tout en restant spécifiquement africaine. Le Discours théologique négro-africain. Problème des fondements de l’abbé O. Bimwenyi-Kweshi est devenu un classique incontournable pour toute entrée dans la problématique de l’existence de fait et de droit d’une théologie spécifiquement africaine. Dès le départ la problématique théologique de l’inculturation de la foi chrétienne englobe toutes les dimensions de la vie africaine y compris la façon de célébrer et de confesser la foi en public. D’où l’urgence d’un processus d’africanisation de la liturgie catholique.


[1] Docteur en Philosophie de l’université Paris IV-Sorbonne (avec une thèse en phénoménologie : Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005, dirigée par le professeur Jean Luc Marion de l’Académie française) et titulaire d’un DEA en Théologie de l’université de Strasbourg, Benoît Élie Awazi Mbambi Kungua focalise ses recherches pluridisciplinaires sur la quête d’un leadership éthique, intellectuel, prophétique et réticulaire, pour l’éclosion effective d’une « Autre Afrique », celle qui marche, fière, digne et debout, vers l’édification d’un avenir prospère pour ses populations malmenées par la crise économique dite pompeusement « mondiale ». Il est l’actuel président du Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et des diasporas (www.cerclecad.org,) basé à Ottawa, au Canada. Parmi ses ouvrages, signalons : B.-E AWAZI MBAMBI KUNGUA, Panorama de la Théologie Négro-Africaine  Contemporaine, L’Harmattan, Paris, 20031, 210 pages, ISBN : 2-7475-3490-1, Prix : 18 Euros, 20212 (Deuxième Édition revue, corrigée et augmentée), ISBN : 978-2-343-22491-6, 440 pages ; Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005 ; Panorama des Théologies négro-africaines anglophones, L’Harmattan, Paris, 2008 ; Le Dieu crucifié en Afrique. Esquisse d’une Christologie négro-africaine de la libération holistique, L’Harmattan, Paris, 2008 ; De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011 ; Déconstruction phénoménologique et théologique de la modernité occidentale : Michel Henry, Hans Urs von Balthasar et Jean-Luc Marion, L’Harmattan, Paris, 2015 ; *ID., Le Tournant prophétique des théologies négro-africaines contemporaines. De l’Auto- Performativité de la Deutérose, L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., DIEU ET LE CONGO. CONGOSOPHIE,  CONGOTHÉRAPIE ET CONGOPRAXIS, L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., Compendium des PrÉfaces dans une perspective pluridisciplinaire et Émancipatrice (2015-2021), L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., CHRONIQUES PRÉSIDENTIELLES DU CERCLECAD. Dits, Écrits et Actes (2007-2020), L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., Le Pentateuque et l’Afrique. Une approche mystique, agricole et Bibliocratique, L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., Élie Le Tishbite, Prophète du feu et du silence. Une réappropriation autobiographique, L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., Le Pape François, ‘’De Laudato si’’ à ‘’Fratelli Tutti’’. Une Herméneutique philosophique, politique et théologique, Les Impliqués/L’Harmattan, Paris, 2021 ; ID., LES MÉTAMORPHOSES VIRALES ET NÉOLIBÉRALES DU COVID-19. Une Déconstruction pluridisciplinaire, Les Impliqués/L’Harmattan, Paris, 2021.

[2] Claude Geffré, Le Christianisme au risque de l’interprétation, Le Cerf, Paris, 1983.

[3] Jean Greisch, L’Âge Herméneutique de la raison, Cerf, Paris, 1985 & Id., Ontologie et Temporalité, Esquisse d’une interprétation intégrale de Sein und Zeit, « Épiméthée », PUF, Paris, 1984.

[4] L’Harmattan, Paris, 2005, 310 pages, ISBN : 2-7475-8743-6, Prix : 25,5 Euros. (« Collection ‘’Ouverture Philosophique’’ »).

[5] Je lui rends hommage dans le chapitre IX intitulé : « Les questions d’épistémologie théologique dans la christologie négro-africaine de la libération holistique », in : *ID., Déconstruction phénoménologique et théologique de la modernité occidentale : Michel Henry, Jean-Luc Marion et Hans Urs von Balthasar, L’Harmattan, Paris, 2015, 316 pagesISBN : 978-2-343-03719-6, Prix : 33 Euros., pp. 261-287.

[6] L’Harmattan, Paris, 20031, 210 pages, ISBN : 2-7475-3490-1, Prix : 18 Euros, 20212 (Deuxième Édition revue, corrigée et augmentée), ISBN : 978-2-343-22491-6, 440 pages, Prix : 39 Euros.

[7] L’Harmattan, Paris, 2021, 384 pages,  ISBN : 978-2-343-22664-4, Prix : 38 Euros).

[8] Présence africaine, Paris, 1981.

[9] Il existe déjà un résumé en allemand de cette thèse imposante et érudite. Dans l’édition allemande, le Professeur Walter Kasper reconnaît la capacité de l’auteur à faire œuvre de créativité et d’inculturation théologique en s’appuyant sur la conceptualité théologique occidentale. Pour le résumé allemand de cette thèse, nous renvoyons à O. Bimwenyi-Kweshi, Alle dinge erzählen von Gott. Grundlegung afrikanischer theologie, Herder, Freiburg, 1982, 180 pages. (Traduit du français par Thomas Kramm.).

[10] Les principaux représentants de la théologie de l’adaptation ou ‘’des pierres d’attente’’ sont : V. Mulago, Un visage africain du christianisme, Présence africaine, Paris, 1965 ; A. Kagame, La philosophie bantoue comparée, Présence africaine, Paris, 1976 ; F.-M. Lufuluabo, Orientations pré-chrétiennes de la conception bantoue, Limeté, Kinshasa, 1964 ; Id., Valeur des religions africaines selon la Bible et selon Vatican II, Éd. Saint Paul, Kinshasa, 1967 ; J.-M. Dabiré, L’Église et les communautés chrétiennes, 1976.  Dans son allocution au Symposium des Evêques d’Afrique et de Madagascar en 1969 en Ouganda, le Pape Paul VI se référait encore au  paradigme théologique de l’adaptation du christianisme occidental aux cultures africaines quand il déclarait aux Évêques : «  Une question qui demeure très vive et suscite beaucoup de discussions se présente à votre œuvre évangélisatrice, celle de l’adaptation de l’Évangile, de l’Église, à la culture africaine. L’Église doit-elle être européenne, latine, orientale… ou bien africaine ? », Allocution du Pape Paul VI au Symposium des Évêques d’Afrique et de Madagascar, Documentation catholique n° 1546/1969, p. 764. Aujourd’hui les théologiens africains ont dépassé en toute liberté et responsabilité théologiques le paradigme exclusif de l’adaptation pour adopter le paradigme inclusif d’une véritable incarnation du Christ dans la vie quotidienne des Africains. Le Christ est aujourd’hui perçu par les populations africaines comme un frère, un aîné, un libérateur, un allié de poids pour l’œuvre de la reconstruction et de la libération de l’Afrique après des siècles de servitude et d’esclavage.

[11] Sur le rapport problématique et critique des théologiens africains à la tradition théologique occidentale dans laquelle ils ont tous été formés, on consultera le travail de P. Janin, Afrique(s) et Altérité(s). Quelques théologiens africains face au christianisme occidental. La question de l’Inculturation et les ‘’Semences du Verbe ’’, Mémoire pour l’obtention de la Maîtrise en Théologie, Université Catholique de Lyon, Faculté de Théologie, Juin, 1993. Sur les suggestions d’observateurs européens et asiatiques sur le devenir de la théologie africaine on lira  avec intérêt les avis de R. Luneau, « La théologie africaine et son devenir », Les quatre fleuves. Cahiers de recherche et de réflexion religieuses, n° 10/1979, Beauchesne, Paris, 1979, pp. 111-116 ; M. Meslin, « Vers une théologie africaine », Les quatre fleuves…, op. cit, pp. 117-131 ; V. Neckebrouck, L’Afrique noire et la crise religieuse de l’Occident, T.M.P. Book Department, Tabora (Tanzanie), 1971 ;  H. Maurier, « La théologie africaine francophone », Spiritus 88/ 1982, pp. 227-245 ;  Id., La religion spontanée. Philosophie des religions traditionnelles d’Afrique noire, L’Harmattan, Paris, 1997 ; B. Chenu, « La théologie africaine vue par l’Église d’Occident » in : Théologie africaine. Bilan et perspectives, Actes de la XVIIème Semaine Théologique de Kinshasa du 2 au 8 Avril 1989, Facultés Catholiques de Kinshasa, Kinshasa, 1989, pp. 301-401 ; A. Scarin, « La théologie africaine vue par l’Église d’Italie », Théologie africaine. Bilan et Perspectives…, op. cit, pp. 403-409 ; M. Amaladoss, s.j, « Théologies Africaine et Indienne. Vers un dialogue », Théologie africaine. Bilan et Perspectives,… op. cit, pp. 411-421 ; G. Ruggieri (éd), Église et Histoire de l’Église en Afrique, Actes du colloque de Bologne du 22 au 25 octobre 1988, Beauchesne, Paris, 1988 ; J. Baur, 2000 ans de christianisme en Afrique, Paulines, Limete-Kinshasa, 2002. Tous ces observateurs étrangers à l’Afrique posent un regard à la fois critique et optimiste sur le devenir de la théologie africaine. Il appartient aux nouvelles générations de théologiens africains de prendre le flambeau de la main des anciens et de continuer le travail exigeant, ecclésial et permanent de ‘’réappropriation africaine, théologique, pastorale, politique et herméneutique’’ du donné révélé en respectant la catholicité et l’universalité de la révélation chrétienne, sans nier le poids spécifique de la culture négro-africaine. Toutefois nous dénonçons fermement et avec vigueur la tendance afro-pessimiste, impérialiste, raciste et néocolonialiste dans les écrits méprisants, arrogants et provocateurs de deux théologiens français qui passent leur temps à répandre dans les médias la ‘’dogmatique africaniste, esclavagiste, raciste et néocolonialiste’’ au lieu de s’alarmer sérieusement sur la disparition certaine et inévitable de leurs congrégations vieillissantes, à cause de la déchristianisation et de la sécularisation avancées et structurelles des sociétés d’Europe occidentale. Nous dénonçons fermement la dérive néocolonialiste, raciste et afro-pessimiste dans les écrits de R. Luneau, Comprendre l’Afrique. Evangile, Modernité et mangeur d’âmes, Karthala, Paris, 2002 ;  B. Chenu, « Des prêtres africains en France », La Croix du Mardi 17 Septembre 2002. Ces deux théologiens sont pourtant accueillis chaleureusement et fraternellement par les Églises africaines lors de leurs nombreuses visites touristiques en Afrique.  Pourquoi les prêtres africains ne le seraient-ils pas en France ? Pourquoi n’y aurait-il pas de réciprocité sur ce point précis de l’hospitalité, pourtant central dans le message évangélique ?

[12] Jugement élogieux de Mgr Th. Tshibangu dans la préface au Discours théologique négro-africain. Problème des fondements…, op. cit, p. 10.