Lettre adressée au Très Honorable Justin Trudeau, Premier Ministre du Canada, le 20 septembre 2019

  • Post last modified:May 12, 2022

Ottawa le 20 septembre 2019

 Le Très Honorable Justin TRUDEAU,

Premier Ministre du Canada

80, Rue Wellington.

Ottawa, Ontario

K1A 0A2

Monsieur le Premier Ministre,

Les débats houleux, les surenchères médiatiques, les instrumentalisations politiciennes, les coups tordus, les raisonnements sophistiques, la malice de vos adversaires et leurs manœuvres de diversion des vrais enjeux qui devraient sous-tendre la campagne pour les Élections Fédérales du 21 octobre 2019 au Canada, m’obligent, en toute urgence, de prendre la parole à la première personne du singulier, et à vous exprimer mon analyse personnelle, critique et prophétique sur les défis protéiformes que les communautés noires du Canada accumulent de façon systémique. Je prends la parole surtout parce que je suis de nationalité canadienne, et en tant que penseur canadien, je suis fier de contribuer à la production des connaissances décisives qui sont discutées dans les quatre coins du monde sur les enjeux et les défis de la « survie de l’humanité » à l’orée du XXIème siècle.

Le site de ma prise de parole,

Je vous écris en tant que Président fondateur du Centre des Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et des diasporas (CERCLECAD, Ottawa, Canada) fondé depuis 2007 à Ottawa. Chaque année, nos cohortes de chercheurs au Canada, en Europe, dans les Antilles et en Afrique, publient, chez l’Harmattan, à Paris, une revue pluridisciplinaire, « Afroscopie » de 1000 pages avec des analyses approfondies et transversales sur les questions spécifiques des diasporas africaines au Canada, mais aussi ailleurs dans le monde. La situation chaotique de l’Afrique postcoloniale reflue logiquement en ressac sur les diasporas subalternes en Occident et vice versa. Si l’Afrique est ostracisée aujourd’hui au niveau mondial, les diasporas qui en sont des dérivées ne peuvent qu’être nécessairement affectées négativement par l’Afro-pessimisme véhiculé constamment par les médias occidentaux à la conquête néolibérale du monde.

Nous vous envoyons chaque année une copie du fruit de notre travail ambitieux et votre agent de la correspondance de la direction, A. Ibrahim, accuse régulièrement réception de nos revues. Je commence par décliner le « site épistémologique » de ma prise de parole mondiale, en lui imprimant une dimension de recherche méthodique et systématique, en prenant de la distance et la hauteur nécessaires pour toute production érudite des connaissances scientifiques et émancipatrices sur la société canadienne aux prises avec des mutations multiples et accélérées.

 Ma position personnelle sur les controverses et autres instrumentalisations de l’affaire de ‘’Black face’’ ou ‘’Brown face’’.

À la suite d’autres intellectuels, écrivains et leaders communautaires des communautés noires au Canada, je commence par vous féliciter pour l’humilité, la sincérité, l’honnêteté intellectuelle et le respect qui ont caractérisé vos multiples demandes de pardon pour vos actes de déguisement en ‘’homme noir’’ (Black Face et Brown face). Un sondage de la grande majorité de nos communautés vous a accordé spontanément son pardon. Mais je dois tout de suite signaler qu’aucun esprit intellectuellement honnête ne pourra jamais vous accuser d’être un négrophobe ou un raciste endurci. Bien au contraire, tout au long de votre premier mandat comme Premier Ministre du Canada (2015-2019), vous avez multiplié des sorties publiques, médiatiques et politiques pour reconnaître en tant que la plus haute autorité politique du Canada, la concaténation explosive des défis, des problèmes chroniques de chômage, des décrochages scolaires croissants des jeunes noirs, des discriminations socioprofessionnelles systémiques, des familles divorcées, des enfants vivant dans des « ghettos noirs » que d’autres assimilent logiquement à « l’élevage humain » qui se pratiquaient dans des « Breeding States » des États-Unis d’Amérique et dans lesquels vivent les communautés noires en dépit du plus haut taux des diplômés universitaires parmi nos membres. Vous avez même reconnu et exprimé vos excuses pour l’éjection, manu militari, des jeunes Afro-Canadiens de la Colline parlementaire en février 2019. À plusieurs reprises, au cours du mois de l’histoire des Noirs, février 2019, vous avez publiquement reconnu les discriminations raciales, socioprofessionnelles, ainsi que les pauvretés générationnelles dont sont victimes des citoyens canadiens de peau noire (Black Face ou Brown Face). Les archives médiatiques au Canada sont remplies des actes, des paroles et des gestes où vous vous positionnez ostensiblement contre la discrimination raciale et le mépris des Afro-Canadiens.

Je me suis décidé de prendre ma plume pour dénoncer la malhonnêteté intellectuelle, les postures sophistes et la malice volontaire des médias canadiens qui n’ont pas été suffisamment « critiques » et « lucides » par rapport aux récupérations politiciennes, sophistiques et électoralistes auxquelles vos adversaires politiques ont recouru sans vergogne. Je les dénonce avec force parce que leur racisme et leur négrophobie sont au cœur même de leurs programmes politiques basés sur le rejet systématique des différences ethno-raciales, culturelles et religieuses. Au contraire, ce sont eux des vrais racistes notoires dont certains ont réussi à se faire élire comme premiers ministres dans plusieurs provinces du Canada, en diffusant systématiquement un message populiste, haineux et ignorant envers toute sorte des différences par rapport à la prétendue « norme blanche, mâle et euro-américaine ». Au contraire, ce sont eux qui devraient s’excuser publiquement pour avoir constamment réveillé les démons de l’esclavagisme, du racisme abject envers les Noirs et de l’exploitation colonialiste qui hantent les esprits des Noirs du Continent et ceux des diasporas subalternes qui végètent dans les sociétés vieillissantes du monde occidental. Beaucoup de nos membres sont assignés à vie, et de génération en génération, à des travaux que les Canadiens blancs ne veulent pas faire : s’occuper des personnes âgées, malades et handicapées, nettoyer les hôtels, les gares et les toilettes (…). Ils mériteraient largement la reconnaissance et le respect des autres « Canadiens non noirs », car qui peut s’imaginer une seule seconde les maisons de retraite et les hôpitaux sans les préposés aux bénéficiaires majoritairement noirs pour nettoyer et laver les personnes impotentes après avoir fait leurs besoins élémentaires (déféquer, pisser, vomir, saigner…)

Ma Conclusion,

Le Très Honorable Justin Trudeau, Monsieur le Premier Ministre, vous qui pratiquez avec succès la boxe, vous savez très bien la stratégie consistant à coincer son adversaire sur les cordes avant de lui asséner le coup décisif, voire fatal. Je recours volontiers à la métaphore de la boxe pour vous exhorter à sortir de ce piège très dangereux tendu habilement par vos « adversaires politiques ». Il est temps pour vous de poursuivre résolument votre campagne selon le programme que vous avez minutieusement élaboré. Ce qui est navrant et révoltant dans cette affaire de « Black Face et de Brown face » est de voir que ce sont des médias états-uniens (le magazine américain Time,) qui ont diffusé mondialement les photos condamnées et qui leur ont été envoyées par Andrew Scheer, le chef du parti conservateur qu’il a lui-même publiquement avoué. Les États-Unis constituent le lieu par excellence de la déshumanisation esclavagiste de l’homme noir durant 5 siècles jusqu’aujourd’hui, et où la vie d’un Noir vaut moins que celle d’un chien, au vu des assassinats quotidiens et banalisés des Noirs par des policiers blancs même sans aucune raison valable. N’est-ce pas que le président Donald TRUMP*** a récemment traité l’Afrique et Haïti comme des « pays de merde*** » au vu et au su du monde entier ? N’est-ce pas que le président TRUMP est le grand négateur de « l’américanité du Président Barack Obama » pour la simple raison que son papa était un « Noir » du Kenya ? Ne touchons-nous pas ici le paroxysme de l’idiotie et de l’ineptie du racisme, parce que pour prendre le cas du Président Obama, pourquoi le sang de sa maman d’origine irlandaise qui l’a porté durant 9 mois dans son ventre serait ontologiquement supprimé à cause de la présence du « sang inférieur » du Noir ? Le racisme est bête et les racistes moins que des bêtes.

Ce « point noir » n’a été jusqu’ici révélé par aucun média canadien dans une condamnation sans équivoque des manœuvres kabbalistiques mises en œuvre par vos « adversaires politiques » pour assombrir votre bilan plus qu’honorable sur la prise de conscience publique et récurrente de la concentration drastique et explosive des problèmes sociaux, du chômage chronique, des logements insalubres et des discriminations envers les Afro-Canadiens dans les universités, la Fonction publique fédérale et provinciale ; et surtout, dans les médias dominants qui sont toujours arraisonnés par les élites hégémoniques mâles et blanches de provenance européenne. Il est complètement hypocrite et malicieux de la part de ces médias hégémoniques, racistes et ouvertement discriminatoires de vouloir vous intenter un « procès malhonnête et injuste » de racisme contre les Noirs à travers des photos de « Black face » et de « Brown face ».

 J’ai reçu plusieurs coups de fil des membres de ma communauté qui m’ont intimé l’ordre de rédiger, en toute urgence, une lettre publique pour donner aussi ma position idiosyncrasique et prophétique, à la fois comme philosophe, sociologue et théologien, mais aussi comme le Président fondateur du CERCLECAD. En l’exprimant officiellement par écrit, je renvoie les esprits honnêtes et capables d’une pensée critique, complexe, savante et émancipatrice de bien vouloir aller voir par eux-mêmes l’ampleur de notre érudition pluridisciplinaire et émancipatrice archivée dans notre revue savante « Afroscopie » et une centaine d’ouvrages de nos cohortes de chercheurs dans les quatre coins du monde. Je me permets de joindre ma Bibliographie générale (2002-2020) pour baliser le travail prospectif des chercheurs et autres penseurs qui veulent contribuer à l’émergence d’une civilisation du donner et du recevoir, capable de promouvoir de voies nouvelles pour arrimer le politique au métaphysiquel’économie à la question de la justice sociale (péréquations sociales), les excès consuméristes à la question philosophique du sens conjoint de la vie et de la mort que nous voulons imprimer à notre vivre ensemble et à nos propres trajectoires idiosyncrasiques. C’est Jésus qui dit dans l’Évangile : « À quoi sert à quelqu’un de gagner le monde entier s’il venait à perdre son âme ? »

Tout en vivant dans une société multiculturelle, multiraciale et pluraliste, nos actes ont besoin d’une pensée complexe et pluridisciplinaire qui leur confère un sens en les invitant au dépassement en direction de la question métaphysique, philosophique et théologique du « sens ultime » de notre passage éphémère, de notre vie et de notre mort sous le soleil de Dieu.

Bonne chance pour les élections fédérales du 21 octobre,

 Professeur +Benoît AWAZI MBAMBI KUNGUA,

Philosophe, Sociologue et Théologien

Prophète-Président du CERCLECAD (Ottawa, canada)

Courriels : benkung01@yahoo.fr & nabiawazi@gmail.com