CENTRE DES RECHERCHES PLURIDISCIPLINAIRES SUR LES COMMUNAUTES D’AFRIQUE NOIRE ET DES DIASPORAS en sigle CERCLECad 

 

 

 

 

 


Lien : Vidéo : http://www.alainmabanckou.net/accueil.html

Benoît Awazi Mbambi Kungua, Recension de l’ouvrage d’Alain Mabanckou, Le Sanglot de l’Homme Noir, Fayard, Paris, 2012.

En hommage à Aimé Césaire, le Nègre fondamental :

« … Ils prouvent que la colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé ; que l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; que le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête. C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler ».

(Aimé Césaire, Discours sur le Colonialisme, Présence Africaine, Paris, 1955, p. 18.).

         J’écris parce qu’un jour je mourrai et j’aimerais laisser ma part idiosyncrasique dans la « bibliothèque africaine postcoloniale ». Mais j’écris aussi et surtout, parce que toute vie se déroule en aval du patrimoine que les morts nous ont légués et cela nous rappelle que nous sommes toujours redevables et des débiteurs (« êtres en dette vis-à-vis des générations (nos ancêtres) qui nous ont précédés) vis-à-vis des morts. J’écris aussi, parce qu’en tant que philosophe, j’apprends à chercher la Sagesse chaque jour, et la sagesse consiste essentiellement à trouver un équilibre instable entre le Visible et l’Invisible, la Vie et la Mort, le Corps et l’Esprit, les Morts et les Vivants, la Richesse et la Pauvreté. Donc philosopher, c’est apprendre à mourir et à trouver un équilibre instable et précaire dans la traversée de l’épreuve éphémère qu’est la vie sous le soleil de Dieu. C’est la raison pour laquelle j’ai de plus en plus du mal à accepter les mensonges qui sous-tendent l’idéologie de la mondialisation néolibérale, selon laquelle la vie des hommes consisterait à travailler comme des robots pour payer des hypothèques et les intérêts sur les cartes de crédit que la boulimie néolibérale nous impose insidieusement comme unique « modalité ontologique » de vivre dans le monde. Mais j’écris ultimement, parce qu’il y a un espace abyssal en amont du monde visible et qui met radicalement en échec les prétentions ineptes de l’idéologie consumériste, athée et nihiliste néolibérale, à vouloir totaliser, enrégimenter, satelliser et arraisonner la vie des hommes sous la férule de la rationalité moniste et unidimensionnelle de l’économisme ambiant en pleine désintégration mondiale et, semant des suicides, des dépressions, des génocides, des divorces et des cancers partout dans le monde. J’écris enfin, parce qu’en tant que théologien et prophète chrétien, je confesse humblement, mais avec conviction, l’incarnation de Dieu lui-même en Jésus de Nazareth, sa mort sur la Croix, pendu nu comme un vulgaire bandit et un maudit à Golgotha en l’an 30 de notre ère, et finalement, sa Résurrection fulgurante d’entre les morts. La foi chrétienne est de fond en comble basée sur cette manifestation bouleversante et humble de la Puissance de Dieu qui Ressuscite Jésus d’entre les morts. Les conséquences politiques, économiques, théologiques et éthiques de ce procès public et dramatique de Dieu lui-même dans le monde des hommes a fait l’objet de mon ouvrage : Le Dieu Crucifié en Afrique. Esquisse d’une Christologie négro-africaine de la libération holistique, L’Harmattan, Paris, 2008. (Voir en Fichier joint, la Recension qui en a été faite dans le Monde Diplomatique de juillet 2009).

Mais l’acte même d’écrire a un rapport ontologique avec la mort, non seulement parce que la matérialité du texte écrit est constitué de caractères figés et morts, car un texte qui n’est pas lu est un texte mort. Mais en même temps, l’écriture est liée à la mortalité intrinsèque de l’être humain qui doit apprendre tout au long de sa vie des savoirs théorétiques, théoriques et pratiques pour donner un sens et une orientation à sa vie fugace dans le monde dont la temporalité cosmique mime l’éternité de Dieu. Dans le Timée, Platon affirme en effet que la pire des maladies qui puissent abrutir une âme humaine est l’ignorance qui le fait basculer sur la bas étage des reptiles marins (crocodiles et autres cousins) dont la tête, en touchant matériellement la boue, est dépourvue de toute pensée (thoughtless beings). La métaphore de Platon est bouleversante et décapante.

Étant donné que tout le monde n’est pas écrivain et n’accède pas à ce lieu où se façonnent des savoirs et des pouvoirs sur les imaginaires et les esprits des lecteurs, il convient que les écrivains déclinent pour quelles raisons ils écrivent et pour défendre quels intérêts : ceux des vaincus, des victimes et des morts[1] tombés sur le haut-fourneau du rouleau compresseur néolibéral ou ceux des vainqueurs de l’histoire de violences, de guerres économiques et impérialistes et de génocides qui jalonnent la vie des hommes dans le monde depuis la nuit des temps. Quand à moi, chaque fois que je prends ma plume, j’essaie de me positionner sans ambiguïté du côté des pauvres, des vaincus, des laissés-pour-compte et des millions de morts qui jonchent les fonds marins de l’Atlantique[2] et les plantations esclavagistes des États-Unis, des Antilles et des Caraïbes. Tout auteur sera jugé par l’histoire et la Transcendance, par rapport à son positionnement dans cette configuration politico-économique de fond qui surdétermine les méandres de l’Historiographie mondiale. Il n’y pas de « neutralité axiologique et politique » dans le terrain glissant et houleux de l’historiographie de l’Afrique dans son arrimage chaotique au reste du monde. Il est temps que chaque auteur africain dise ouvertement pour quelles raisons et au bénéfice de quel camp il écrit : les Vainqueurs du capitalisme militaro-esclavagiste ou les Vaincus, dont la plupart sont aujourd’hui morts, mais continuent à aiguillonner notre mémoire et à lui injecter des souvenirs dangereux des souffrances passées et actuelles, provoquées par le même système capitaliste et militaro-esclavagiste. N’oublions pas d’établir la corrélation entre l’écriture (production des savoirs ethnographiques sur les peuples sauvages) et le pouvoir esclavagiste et colonial (L’État occidental) qui se manifeste aujourd’hui sous la forme décadente de la mondialisation néolibérale. Tant qu’une masse critique des Africains ne s’investiront pas dans l’historiographie africaine globale, en remontant bien au-delà de la collision tragique avec les puissances esclavagistes et coloniales de l’Occident au XVIe siècle ; il est à craindre que la « violence symbolique »[3] qui consiste à culpabiliser les victimes s’aggrave dangereusement à la faveur des stratégies de l’oralité en vogue dans les communautés africaines sur fond d’une amnésie latente et durable. Faut-il rappeler que la réduction d’un peuple en esclavage et en outils vivants exige impérieusement en amont un processus de son ensauvagement, de sa domestication et de son animalisation, en l’excluant du monde prétendument « humain » par excellence qu’est le savoir philosophique codifié dans les institutions aristocratiques et académiques de l’Occident. N’est ce pas que l’inhumanité des Noirs fut publiquement enseignée pendant des siècles dans toutes les universités occidentales avant la projection militaire des puissances impérialistes en Afrique et leur asservissement séculaire comme esclaves à vie dans les Antilles, les Caraïbes et les Amériques ? Pour approfondir le moment de validation philosophique de l’animalisation des peuples non occidentaux depuis l’Antiquité grecque, je renvoie au monumental ouvrage d’Elisabeth De Fontenay dont l’érudition soutenue coupe littéralement le souffle de celui qui veut aller détecter les pépites d’or qui s’y enlisent. Lire son magistral ouvrage : Le silence des bêtes. La philosophie à l’épreuve de l’animalité, Fayard, Paris, 1998, 784 pages.

         Cette longue introduction est incontournable, car j’assume mon Ipséité et le contexte existentiel à l’intérieur duquel je vis, je prie, je jouis, je souffre, je pense et j’écris avant de tirer ma révérence ; alors que nous vivons dans un monde basé sur le mensonge, la superficialité, l’artificialité et le mutisme lâche devant la mort qui finira tôt ou tard par nous briser et nous frapper tous, malgré toutes les hypothèques, les cartes de crédits, les chalets, la nourriture biologique (Foufou, ndolé, pondou, makayabu, foie gras, saumons fumés, frites, steacks biologiques, Vodka, Rhum barbancourt 5 étoiles, whisky, etc.) et les voyages dans les Antilles, les Caraïbes, l’Afrique, qui nous donnent l’illusion de ne pas être anéantis un jour par la mort, qui constitue un critère de nivellement de toutes les injustices générées par la religion marchande, idolâtrique et nécrocratique néolibérale.

La sortie de l’ouvrage d’Alain Mabanckou au tout début de l’année 2012 à Paris a suscité des réactions musclées et passionnées dans l’échiquier intellectuel africain mondial. Il me semble que cette effervescence intellectuelle et agonistique est surtout due à la carrure littéraire de l’auteur, récipiendaire du prix Renaudot en 2006 pour son roman : Mémoires de porc-épic et qui vient de recevoir, le 21 juin 2012, à Paris, le grand prix de lalittérature Henri Gal de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre. Cette hypermédiatisation de Mabanckou dans les principaux médias occidentaux avec les nombreuses traductions de ses ouvrages dans plusieurs langues internationales, lui confèrent une visibilité accrue dans les débats sur les questions africaines dans la mondialisation néolibérale en pleine crise de sens et d’éthique.

 Je me trouvais à Paris durant les fêtes de fin d’année et j’ai été témoin de la ferveur des médias télévisuels français à faire la promotion de cet ouvrage insolite. Cela ne devrait pas étonner personne car Alain Mabanckou passe très souvent dans la plupart des médias occidentaux comme représentant d’une certaine vision très « biaisée » de l’Afrique par la nouvelle génération d’écrivains post-négritude et post-colonialisme. Je le vois souvent dans l’émission la plus populaire du Québec : « Tout le monde en parle » où il est invité comme une « star » africaine.

         Dès la sortie de son livre, Alain Mabanckou a été invité pour un débat sur TV5 avec quelques journalistes africains (Assan Diop et ses collègues) qui lui disaient ouvertement leur désaccord par rapport au traitement léger qu’il fait de la situation réelle des Noirs et des Africains en général en France dans son ouvrage. Alain Mabanckou saute à pieds joints les logiques discriminatoires et racistes qui prévalent ouvertement dans la société française envers les immigrés dont la plupart sont cantonnés dans des banlieues insalubres et déphasées par rapport à la vraie France : blanche, bourgeoise, parisienne, aristocratique et consciente de sa supériorité.

         Je n’ai jamais lu aucun roman du romancier Mabanckou et c’est à la suite des débats houleux suscités par ses affirmations très contestables dans plusieurs milieux intellectuels africains que je me suis décidé de me faire ma propre idée sur cet ouvrage. La recension de Kä Mana que j’ai diffusée dans notre forum du Cerclecad m’a obligé de « m’occuper » de cet ouvrage et de donner humblement, mais franchement mon point de vue sur cet ouvrage provoquant et excitant : « Le Sanglot de l’Homme Noir ». Je rééxpédie la recension de Kä Mana qui cible avec force la dimension imaginaire et historiographique de la provocation du français noir : Alain Mabanckou.

         Ma recension se déploie en deux principales scansions : 1. La restitution la plus objective possible des points de percée de cet ouvrage médiatisé et 2. Ma propre lecture personnelle, libre, vigoureuse et critique de certaines thèses soutenues nonchalamment par l’auteur. Allons-y droit au but :

 

I.                  Les points scintillants de l’ouvrage .

 

1.     Le premier point positif qui a retenu mon attention, bien qu’advenant seulement au milieu de l’ouvrage, à la page 80, est la mention de l’épisode tragique de deux jeunes Guinéens qui ont fui la misère de leurs pays, en prenant le risque mortel de se faufiler dans le train d’atterrissage d’un avion reliant Conakry à Bruxelles : « Le chemin d’Europe devient alors un chemin de croix. On se souviendra des adolescents guinéens Yaguine Koita (14 ans) et Fodé Tounkara (15 ans), deux passagers clandestins d’un vol de la Sabena en provenance de la Guinée et à destination de Bruxelles. Leurs corps furent découverts le 2 août 1999 dans le train d’atterrissage de l’appareil, à l’aéroport de Bruxelles-National. Au milieu de leurs affaires enfouies dans des sacs de plastique, outre leurs papiers d’état civil et leurs bulletins scolaires, les gamins avaient préparé un « testament » adressé aux « Messieurs les membres et responsables d’Europe », avec une conclusion qui marqua le monde entier : « Donc si vous voyez que nous sacrifions et exposons notre vie, c’est parce qu’on souffre trop en Afrique et qu’on a besoin de vous pour lutter contre la pauvreté et mettre fin à la guerre en Afrique… » » (pp. 80-81). Cet extrait parle de lui-même au sujet de la responsabilisation des élites intellectuelles, politiques et économiques africaines, pour qu’elles forgent un « autre destin » pour l’Afrique : Une Afrique fière de sa culture, responsable de son destin et prête à apporter son apport idiosyncrasique dans l’émergence d’une mondialisation de l’humain et des valeurs non marchandes.

Mabanckou a le mérite de déconstruire les mensonges que les Africains vivant en Occident véhiculent sans vergogne dans les esprits et les imaginaires de leurs frères et sœurs restés sur le continent. Dans mon dernier ouvrage : De la Postcolonie à la mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011, je me suis longuement attardé sur cette question (pp. 97-130). Oui Mabanckou a le mérite de dénoncer cette idolâtrie de l’Occident par certains Africains qui préfèrent taire les discriminations, les précarités et les exclusions qu’ils subissent au quotidien, au lieu de dire la vérité sur leurs vies en Europe et en Amérique du Nord. Qu’il y ait des Africains intégrés dans les institutions universitaires, gouvernementales et commerciales des sociétés occidentales, cela n’est pas objet de discussion. Mais qu’il y ait une grande majorité d’autres qui végètent dans des conditions de précarités et misères chroniques, cela est tout aussi incontestable.

2.     Une critique sans concession de la faillite des indépendances politiques africaines.

Mabanckou a aussi le mérite de critiquer sans concession aucune la corruption, l’incurie, la gabegie et l’incompétence intellectuelle des leaders africains de la postcolonie (Lire les pages 135-175). C’est avec beaucoup de force persuasive que Mabanckou stigmatise la politique démentielle du sinistre dictateur Mobutu du Zaïre, qui, au nom d’une idéologie mensongère, idiote et imbécile de l’authenticité, finit par abrutir tout un peuple qui a toujours du mal à se départir de la sinistre « épistémologie néomobutiste » solidement ancrée dans les esprits et des mentalités des Congolais encore aujourd’hui et partout où ils vivent. Mabanckou a aussi le mérite de critiquer les faibles performances des élites politiques africaines à faire passer leurs langues de l’oralité à l’écriture, par des politiques éditoriales volontaristes de promotion des livres, des grammaires et des manuels d’apprentissage des langues africaines. Nul homme « sensé » ne mettra en doute ce diagnostic de Mabanckou qui stigmatise la nonchalance et l’incompétence notoires des leaders africains de la postcolonie au sujet de la créativité dans le domaine des politiques nationales de l’Écrit dans la gestion quotidienne des affaires politiques et culturelles. Cela étant dit l’heure est venue d’engager un débat franc, viril et direct avec les complaisances et les provocations de Mabanckou sur fond de la légèreté épistémologique avec laquelle il parle (Afrodiction) et écrit sur l’Afrique (Afrographie).

 

II.               Les points sombres et catastrophiques de l’ouvrage.

 

1.     Mabanckou, victime de l’épistémologie raciale et raciste de l’ethnographie coloniale.

 

Mabanckou est certainement un romancier « talentueux » reconnu par tous les grands réseaux médiatiques occidentaux, mais je me pose « sérieusement » de graves questions sur le sérieux de sa formation au discernement philosophique. J’ai au moins 10 principaux griefs que j’ai décelés dans son ouvrage, et cela dès la préface de cet ouvrage où il s’adresse à son fils Boris. Mabanckou appelle les Africains et les Antillais comme les « hommes de couleur (sic!) », mais sans même donner quelques explications sommaires en note infrapaginale, en nous disant l’intelligibilité et la raison de cette nomenclature fortement idéologique et inepte. En disant cela, je suis en train de démontrer comment Mabanckou est tombé dans la manipulation de l’idéologie raciste, esclavagiste et eurocentrique, selon laquelle les Européens, qui s’auto-désignent comme des « Blancs » (alors que leur couleur n’est pas blanche,) se positionneraient en dehors de la classification des races et des cultures, mais auraient la prérogative quasi-divine de nommer les autres selon une hiérarchie où ils figureraient en amont même de la classification des races, c’est-à-dire en dehors et dans une position de surplomb et de lévitation transcendantale. Or l’acte de créer une réalité et de lui donner une nomination est la prérogative même de l’acte créateur de Dieu. Donc en promouvant une hiérarchisation des races et des cultures pour des fins d’asservissement des races inférieures dont les Noirs occupent la point le plus bas de la stratification raciale mondiale, les idéologues occidentaux (Gobineau, Hegel, Hitler, Claude Guéant, Nicolas Sarkozy, Jean Marie Lepen, Stephen Smith, etc…) se comportent comme des dieux en s’exceptant de la classification raciale, comme « hommes sans couleurs », donc en position de surplomb par rapport aux stratifications phénotypiques.

Je pointe ici une dimension que beaucoup de critiques de l’idéologie esclavagiste et coloniale n’ont pas relevée avec netteté. C’est la dimension théologique des idéologues racistes occidentaux qui s’arrogent des prérogatives divines de création et de nomination des êtres créés. La critique politique et philosophique de l’esclavage et de la colonisation doit démonter les ruses de la raison impérialiste quand elle exige aux autres peuples d’adorer les productions philosophiques, scientifiques et culturelles de la « civilisation occidentale ». Beaucoup d’Africains – consciemment et inconsciemment – adorent les idoles théoriques, matérielles et médiatiques de la civilisation matérialiste occidentale, au lieu de réserver l’adoration au seul Vrai Dieu, Vivant et Vrai. Cette question va être approfondie dans mon prochain ouvrage qui porte sur la déconstruction phénoménologique et théologique de la mondialisation néolibérale. Appeler les Africains comme « hommes et femmes de couleur » revient à endosser et à ratifier subrepticement les prétentions théologiques et fallacieuses de la civilisation occidentale.

 Pour les idéologues occidentaux de la stratification raciale, il faut appeler les autres hommes non européens comme les « hommes de couleur », car les Européens dits « Blancs » n’en auraient pas. En utilisant nonchalamment et naïvement cette classification raciste et négrophobe, Mabanckou cautionne le racisme anti-noir et se positionne sans équivoque du côté de ceux qui discriminent les Noirs, en se servant de leurs plumes, et en s’appuyant sur « l’aura médiatique » conférée par les chaînes de propagande idéologique de l’Occident, pour enfoncer dans les têtes des Africains la nécessité de leur soumission et arraisonnement aux préposés et aux présupposés du système esclavagiste mondialisé. Faut-il le rappeler encore une fois que l’accumulation du capital lors de la proto-mondialisation du XVIème au XIXème siècle a été rendue possible par les génocides des Noirs et des Indiens autochtones dans les plantations de canne à sucre dans les Amériques, les Antilles et les Caraïbes. Dire cela n’a rien à voir avec les pseudo-sanglots de l’homme noir, mais c’est rendre justice à toutes les victimes de ce système raciste, haineux et esclavagiste dont les avatars continuent à se phénoménaliser dans toutes les sociétés occidentales, où les communautés noires et africaines continuent d’accumuler toutes les formes de précarités et de pauvretés, plus que les autres strates raciales et culturelles.

D’ailleurs Mabanckou raconte comment Tim, un Africain-Américain de Ann Arbor dans le Michigan, allait le lyncher suite à une conversation qui a vite tourné au vinaigre. En effet, Tim, l’Afro-Américain appelait Mabanckou de l’affectueux nom de « Mandingo » pour lui rappeler qu’il est un Nègre plus sauvage, venant tout droit de la jungle et de la brousse africaine, chez les Mandingues de l’Afrique occidentale. Ce Tim était énervé parce que Mabanckou avait un poste prestigieux à l’Université d’Ann Arbor au Michigan, alors que lui, de surcroît natif des USA, ramassait de la merde. Voici ce que Mabanckou écrit lui-même sur ce différend séculaire qui oppose les Africains, aux Africains-Américains et aux Antillais : « À mi-chemin, alors que j’étais persuadé qu’il dormait – son menton était collé à sa poitrine -, l’Africain-Américain se redressa brusquement et commença à délirer :

-         C’est la merde, l’Afrique !

J’éclatais de rire, mais très vite ses blagues se changèrent en attaques contre moi :

-         Mandingo, c’est bien de sortir de ta brousse africaine, non ? Tu es content de rouler dans une voiture américaine et de travailler dans une université de mon pays, hein ?

Comme je ne lui répondais pas, il éleva la voix :

-         C’est à toi que je parle, Mandingo ! Tu pourrais au moins répondre à un fils d’esclave, ou bien ton rang de chef de tribu africaine te l’interdit-il ?

Pierre essaya de le calmer, mais Tim était subitement hors de lui :

-Non, ce Mandingo, il faut qu’il me réponde ! Il me doit des explications, et j’en ai marre de me taire !

-Tim, allons, tu ne trouves pas que tu commences à pousser le bouchon un peu loin ? fit Pierre en ralentissant l’allure de la voiture.

- Non, ce Mandingo, il vient dans mon pays, on lui donne un bon boulot dans une grande université, et moi j’ai un job de merde comme à l’époque de l’esclavage ! Lui et ses ancêtres, ils m’ont vendu aux Blancs, et c’est à cause de lui que je ne suis qu’une punaise en Amérique ! S’il ne m’avait pas vendu, je serais resté en Afrique, même pauvre, j’aurais au moins été libre ! Je vais le tuer ! Je te jure, Pierre, je vais le tuer…. Je vais te buter, sale Africain ! »[4].

Mabanckou qui a pourtant le « génie » de faire des blagues sur tout, y compris sur les trous qui perçaient les tôles de sa maison familiale ou sur le volume des fesses pour discerner la personnalité de quelqu’un, a pour une fois appris que les blagues ont des limites, car il y a des sujets qui rappellent aux descendants des esclaves des souffrances atroces et peuvent susciter des réactions d’une violence insoupçonnée, voire mortelle. J’aurais bien voulu voir notre « fessologue » de Mabanckou, anticiper avec son « génie romanesque, romantique et fabulateur », cette colère explosive de Tim, l’Afro-Américain juste en auscultant ses fesses…! À malin, malin et demi, chante l’un des musiciens les plus talentueux de l’Afrique, le prince des montagnes, Le Prince Ndedi Eyango.…! (Pour souffler un peu, je vous renvoie à l’un de ses œuvres : (http://www.youtube.com/watch?v=RWxxmtKNGgY).

3.     La mauvaise foi et le mensonge de Mabanckou,

 

Quand Mabanckou refuse de reconnaître humblement que c’est aux États-Unis d’Amérique qu’il a été propulsé, et dans sa carrière académique et dans celle de romancier « talentueux », et qu’il n’aurait pas eu le même poste en France ; il se positionne dans une posture insulaire et autistique impossible à soutenir longtemps, car la plupart des intellectuels africains formés dans les universités et les grandes écoles françaises ont dû quitter la France pour trouver des postes prestigieux dans la société américaine. Mabanckou bascule dans le déni, la fabulation fessologique et la falsification idéologique de réalité en refusant de reconnaître la marginalité et la précarité dans lesquelles évoluent la grande majorité des intellectuels africains formés en France, mais durablement clochardisés par le racisme d’État exacerbé par le dernier quinquennat de Nicolas Sarkozy et de ses sbires tels que Claude Guéant et Henri Guaino, le rédacteur du discours raciste de Nicolas Sarkozy à Dakar. Écoutons les mensonges de Mabanckou : « Il serait toutefois inexact d’affirmer aujourd’hui que la France m’a laissé tomber et que les États-Unis m’ont ouvert les bras, ce que j’entends souvent dire ici et là, surtout de la part de mes frères de couleur qui souhaitent accabler la France. Je gagnais bien ma vie en France et j’aurais pu vivre ainsi jusqu’à la fin de mes jours. Il s’agit d’abord et avant tout d’une décision individuelle mûrement réfléchie. Si j’ai accepté d’aller enseigner aux États-Unis, c’est parce que je savais que je ne me couperais pas pour autant de cette langue d’écriture qui est la mienne : le français. J’ai exigé d’enseigner en français – ce qui est toujours le cas à ce jour »[5].

Mabanckou est en train de défendre l’indéfendable en voulant se battre contre des faits têtus dévoilant les clivages raciaux, culturels et ethniques qui paralysent durablement et structurellement la société française en pleine désintégration sociale, politique et économique. Il n’est pas rare de rencontrer au quotidien de nombreux citoyens français, toutes races confondues, se bousculer devant les portes des les institutions académiques, scientifiques, gouvernementales et commerciales du Canada et des États-Unis, pour tenter leurs chances sous des cieux plus cléments et moins déprimants. Alors pourquoi Mabanckou veut-il nous manipuler en nous faisant accroire des balivernes et des galimatias inexplicables et indéfendables ? Nous prend-il pour des sots et des idiots ? À sot, sot et demi…!

Achille Mbembé, Jean Godefroid Bidima, Pius Ngandu Nkashama et Cheikh Modibo Diarra (ayant travaillé à la NASA et devenu depuis quelques mois le premier ministre du Mali) constituent des exemples patents du racisme français qui fait fuir les intellectuels africains. Achille Mbembe reconnaît ce provincialisme français dans ses derniers travaux (Sortir de la grande nuit, Paris, 2011). Dans un autre texte Achille Mbembe reconnaissait l’exclusion des intellectuels africains - pourtant formés en France -, des institutions académiques et scientifiques françaises. Écoutons-le : « Plus fondamentalement, la France est en train de perdre – ou, dans certains cas, a déjà perdu, de manière sans doute irrévocable – une très grande partie de l’influence culturelle qu’elle exerçait autrefois sur les élites africaines. Cette perte s’explique en partie par son incapacité à soutenir les mouvements de démocratisation et par sa politique de l’immigration. Il n’y a plus, aujourd’hui, un seul grand intellectuel africain disposé à célébrer, sans façons, les noces de la « négritude » et de la « francité », comme n’hésitait pas à le faire Sédar Senghor. Chez la plupart d’entre eux, prévaut une attitude blasée. Les États-Unis sont manifestement les principaux bénéficiaires de cette défection. Ils offrent, à cet égard, plusieurs atouts dont la France ne dispose guère. Notamment, cette capacité presque illimitée de capter et de recycler les élites mondiales, y compris francophones. Au cours du dernier quart du XXe siècle, leurs universités sont parvenues à attirer presque tous les meilleurs intellectuels africains formés en France, voire des citoyens français d’origine africaine auxquels les portes des institutions françaises sont restées fermées… »[6].

Pourquoi Mabanckou veut-il nier des faits massivement attestés, alors que lui-même est professeur, non pas en France, mais à l’Université d’État de Californie ? Nous prend-il pour des illettrés, des idiots et des sots ? De toutes les façons, il ne sera plus possible d’insulter les Africains comme des grands et éternels « sangloteurs » sans qu’il y ait des ripostes ouvertement musclées et viriles, car une loi de la dynamique de Newton affirme que : « À toute action, réaction égale et opposée ». Le discours de Nicolas Sarkozy en juillet 2007, à Dakar, a été révélateur du réveil des intellectuels africains qui n’insultent et ne crachent pas sur leurs peuples à cause des avantages alimentaires et sexuels de la politique du ventre et du bas-ventre, que je peux subsumer dans le paradigme intégrateur de la « mangeocratie consumériste et esclavagiste », qui se résume en une politique de la mâchoire qui mastique pour s’empiffrer et se remplir le ventre et déféquer, avant de recommencer cet acte omnivore, cannibale et phagocytaire, jusqu’à ce que la mort vienne faire exploser ce procès biologique, cyclique et mécanique. En tout cas, Kä Mana a raison d’attirer l’attention des Africains pour qu’ils ne se trompent pas sur les écrivains qui travaillent réellement pour la dignité et la libération holistique des Africains. En effet, Mabanckou n’est pas un Africain, mais un « Français noir » qui se contente de travailler pour son confort et celui de sa  famille et de son clan. Il y a de plus en plus des intrus formatés (des Nègres de service) dans la vulgate raciste, esclavagiste et négrophobe du système néolibéral en pleine désintégration mondiale et dont les récessions économiques actuelles sonnent dangereusement le glas. Une chose est sûre, l’échiquier intellectuel africain contemporain est traversé par une fracture épistémique et politique où chaque auteur doit nécessairement décliner son identité et les intérêts et pouvoirs au service desquels il travaille, pense et écrit : les millions d’Africains exclus des logiques néolibérales ou les puissances capitalistes, esclavagistes et néocolonialistes ? De quel côté de situe notre romancier « talentueux » Alain Mabankou ??????

4.     Le tropisme négrophobe et esclavagiste de Mabanckou

Combattre le racisme de toutes mes forces ne revient nullement pas à accepter ses présupposés épistémologiques stupides et racistes, quels que soient par ailleurs les dangers que j’encours, car la couleur de la peau ne devrait – en toute bonne logique intellectuelle et argumentative – induire une supériorité et une infériorité de principe à un individu. Des imbéciles, des idiots, des esclavagistes, des racistes et des nécrocrates se retrouvent dans toutes les « races » de la terre, et pourquoi faudrait-il péremptoirement et sans aucune raison cohérente et convaincante enfermer toute une catégorie « raciale », notamment les Noirs, dans la typologie de l’esclavage, de l’animalité, de l’idiotie et des individus assignés aux tâches serviles, manuelles et mécaniques ? L’ineptie génocidaire de tout racisme réside dans sa déraison qui consiste à décider du sort éternel d’un individu, uniquement par la couleur de sa peau et ses traits phénotypiques. N’est-ce pas qu’on a déporté des Noirs de l’Afrique vers les Amériques, les Antilles et les Caraïbes, pour les réduire en esclavage à cause de leur présumée « non humanité », et donc leur animalité, qui les habilitent de facto, à être utilisés comme des bêtes de somme ? N’est-ce pas que les Papes Nicolas V dans sa Bulle Romanus Pontifex du 8 janvier 1454 et Alexandre VI Borgia dans sa Bulle Inter coetera du 3 mai 1493, et d’autres papes ont apporté leur caution théologique, politique et morale à la réduction des Africains en esclavage durant 5 siècles ? N’est ce pas qu’à cette époque la papauté et les théologiens exerçaient l’impérium de Dieu sur la terre en décidant arbitrairement et péremptoirement de l’inhumanité des Noirs et des Indiens, comme l’atteste la controverse de Valladolid, en 1550, où les dominicains Las Casas et Ginès de Sepulveda décidaient sur les Indiens avaient une âme.

Madame Christiane Taubira-Delannon, l’actuelle Ministre français de la Justice a écrit un livre pédagogique dans lequel elle raconte l’esclavage à sa fille : « Oui, par le Code noir qui fut édicté par Colbert, ministre de Louis XIV, en 1685, immédiatement applicable dans les colonies des Amériques, étendu à la Réunion en 1724. Dans l’article 44, les esclaves y sont déclarés « biens meubles ». Nos ancêtres étaient officiellement considérés comme du mobilier, au même titre que les autres biens appartenant aux maîtres. D’ailleurs, dans la comptabilité des plantations, les esclaves étaient répertoriés dans la rubrique « cheptel ». Dans l’article 38, il était stipulé que le maître avait droit de vie et de mort sur ses esclaves, puisqu’il était autorisé à les marquer de la fleur de lis au fer rouge et à leur couper les oreilles à la première tentative de fuite, un « jarret » à la deuxième et à les pendre ou les écarter à la troisième. Marqués comme des bêtes. Désignés comme des bêtes. Assassinés comme des bêtes. Même pas abattus comme bœufs et moutons. Fouettés. Torturés. Pendus. Écartelés. Avec l’autorisation de l’État »[7].

Faut-il encore rappeler que, de toutes les puissances impérialistes et esclavagistes, seule la France a légiféré et codifié le racisme esclavagiste d’État dans l’horrible Code Noir qui considérait les esclaves comme des meubles et du bétail ? Faut-il de nouveau rappeler que dans les Antilles, d’où vient la femme de Mabanckou (Guadeloupe), il subsiste toujours des formes pathologiques et suicidaires du racisme entre les Noirs dont la proximité avec la couleur « rose » des Blancs constitue une marque de noblesse et d’ascension sociale et intellectuelle dans la stratification politico-économique façonnée par les schèmes politiques de la philosophie raciste de l’Occident ? J’ai moi-même passé 12 mois de recherches sur le terrain en Martinique et en Guadeloupe (2003-2004) et j’ai été témoin des pathologies redoutables qui sont ancrées  dans l’inconscient et l’imaginaire des Noirs des Antilles qui se méprisent entre eux, en utilisant des stéréotypes de l’ethnographie raciste et coloniale du XIX siècle (Hegel, Gobineau, Jules Ferry, etc.). Faut-il rappeler qu’entre les Africains et les Antillais subsistent des différends ancrés dans les profondeurs de leurs inconscients dus à la couleur de la peau des métis antillais (Les chabins, les chabines, les canfres et les cancres…!) qui se situent en posture de supériorité par rapport aux Noirs plus foncés, et aussi dus à la fable falsificatrice de l’histoire selon laquelle les Africains auraient vendu leurs frères aux esclavagistes européens, sans rien dire sur les siècles de « pseudo-science et pseudo-philosophie qui classait les races selon leur éminence culturelle et scientifique : Les Blancs, les Jaunes et les Noirs au plus bas de cette stratification idiote. Il convient de signaler que cette « pseudo-science raciale » et sociobiologique était officiellement enseignée dans toutes les grandes universités du monde occidental (Paris, Londres, Berlin, Washington, Bruxelles, etc). Est-ce que ce sont les Africains qui ont théorisé et enseigné durant des siècles cette science et cette philosophie racistes, méprisantes et arrogantes dans les universités occidentales ? Est-ce que ce sont les Africains qui ont mis en place toute une logistique militaire et maritime pour transporter les esclaves de l’Afrique vers les Amériques et les Antilles pour les y réduire toutes leurs vies à la servitude, à l’animalité, à l’illettrisme et à la stupidité ?

Qu’il y ait eu des chefs africains corrompus, cannibales, esclavagistes et kléptocratiques qui se sont impliqués volontairement dans ce génocide du peuple africain, quel homme sensé oserait le nier ? N’est ce pas ce génocide qui a été publiquement évoqué par le Pape Jean Paul II, qui demanda pardon au Ciel, à l’île de Gorée, en 1992, pour le crime contre l’humanité qu’a été l’esclavage et auquel certains papes ont apporté leur caution théologique, morale et politique ?

5.     Mabanckou : Un intellectuel médiatique et plaisantin.

 

J’ai écouté Mabanckou à plusieurs reprises à l’émission la plus populaire du Québec : « Tout le monde en parle » du célèbre animateur G. A Lepage. Dans l’une de ses apparitions cocasses, Mabanckou m’avait vraiment impressionné par deux assertions absolument stupéfiantes :

(1)  par la légèreté avec laquelle il parlait de sa famille et de ses défunts parents et aussi,

(2)  le personnage du « fessologue » qui apparaît dans l’un de ses romans. J’expose ces deux événements déplorables avant de clore cette recension musclée de l’ouvrage provocateur de Mabanckou. D’une part, Mabanckou avait affirmé que son père adoptif travaillait comme réceptionniste dans un petit hôtel à Pointe Noire et c’est lui amenait des journaux à la maison. Sa mère était illettrée. Les journaux que son père adoptif ramenait à la maison furent son premier contact avec l’écrit. Jusqu’ici, il n’y a rien à critiquer. Mais notre intellectuel médiatique renchérit aussitôt en disant que dans sa maison familiale, les tôles étaient trouées, et lorsqu’il pleuvait la nuit, il devrait se déplacer constamment pour esquiver les gouttes de pluie qui suintait par les tôles. Je me suis posé ce jour-là des questions sur le génie romancier et satirique de Mabanckou. Pourquoi et en quoi une telle information sur la maison paternelle de Mabanckou dont les tôles trouées laissaient passer les eaux de pluie, était-elle requise pour montrer son génie de romancier noir et « français » ? Est-ce respectueux pour son défunt père adoptif qui se démenait honnêtement pour subvenir aux besoins de sa famille et de Mabanckou qui deviendra un jour un « intellectuel médiatique » capable de faire des blagues sur les tôles trouées de sa maison familiale, sur les plateaux de la télévision de Radio Canada ? Un autre trait du génie romancier de Mabanckou, qui est le plus intriguant pour moi, est sa propension à débiter des idées ineptes et pornographiques dans ses romans que je ne lirai jamais. Toujours dans la même apparition sur le plateau de l’émission « Tout le monde en parle », Mabanckou parle du personnage du « fessologue » dont le génie consiste à faire une herméneutique pseudo-psychologique et psychédélique de la grandeur des fesses, de leur morphologie et de la dynamique chorégraphique qu’elles déploient lorsque la personne est en kinésthèse. Le « fessologue » peut identifier les traits saillants de la personnalité d’une personne juste en regardant le volume de ses fesses et les figures qui jaillissent lorsque ses fesses sont en mouvement érotique. Quelle régression intellectuelle et quelle légèreté éthique ? Je ne peux plus poursuivre l’énumération des inepties qui jonchent cet ouvrage négrophobe et africaniste du français noir Mabanckou. J’ai épinglé 10 absurdités dans cet ouvrage et je n’ai plus la force mentale nécessaire pour les déconstruire. J’ai uniquement relevé 3 d’entre elles, pour apporter mon point de vue personnel et idiosyncrasique sur cette avalanche de critiques passionnées et caustiques qu’a suscitées cette pro-vocation de Mabanckou.

J’assume avec conviction et verve prophétique toutes les affirmations que j’avance dans cette recension vigoureuse adressée au romancier de génie qu’est Mabanckou. Mais cela ne lui donne pas l’immunité scientifique chaque fois qu’il veut nous faire avaler des couleuvres au nom de cette nouvelle recolonisation idéologique des imaginaires des Africains par un réseau des Africanistes français de Paris qui recrutent dans leurs rangs des intellectuels africains consacrés par le système des prix littéraires français et des médias hexagonaux qui relaient cette idéologie fangeuse de la haine raciale et de la nouvelle recolonisation insidieuse et économique de l’Afrique à la faveur de la récession économique mondiale qui fait voler en éclat les pays de l’Union européenne et de l’Amérique du Nord.

Devant cette infiltration de l’intelligentsia africaine par les « Nègres de service » qui reprochent aux victimes d’avoir été traitées comme des meubles par le Code Noir[8] édité par la France officielle, l’heure est venue, pour tous les intellectuels qui parlent et écrivent au nom des morts, des victimes et de tous les cadavres qui jonchent l’Océan atlantique durant le commerce triangulaire et esclavagiste, de démonter les mensonges grossiers et falsificateurs de l’histoire de violences, de génocides, de souffrances et des esclavages qui jalonnent la chevauchée impérialiste du capitalisme occidental partout dans le monde, et de façon plus dramatique, en Afrique subsaharienne. Les guerres, les récessions économiques partout dans le monde, le taux d’endettement des États et des individus, l’apathie, les dépressions et les suicides causés par la crise économique mondiale révèle au grand jour l’intentionnalité mortifère qui propulse la projection militaire du capitalisme sauvage.

Le niveau avancé de l’amnésie chez les descendants des esclaves dans les Antilles et les Caraïbes ainsi que la faillite de la gestion des indépendances politiques par les leaders africains kléptocratiques, corrompus et incompétents, appellent de toute urgence à un « sursaut intellectuel », voire une « Révolution intellectuelle et éthique » dans les communautés africaines d’Afrique et des diasporas. Nous sommes convaincus dans le Cerclecad que ce sont surtout les idées, les idéologies et les représentations médiatiques et imaginaires qui mettent les individus, les peuples et les États en branle pour conquérir leurs libertés et leurs dignités.

Mais cela requiert des risques jusqu’au prix de sa vie et l’ascèse nécessaire pour ne pas sacrifier à la religion politique et économique de la « mangeocratie mondiale », dont les grandes scansions sont : la mastication de la mâchoire, la digestion et le rejet des déchets dans la fosse, jusqu’à ce que la mort vienne mettre fin à ce processus biologique, sans que nous nous soyons posé une « seule question » sur le sens ultime de notre vie et les mensonges structurels sur lesquels reposent la mondialisation consumériste et nihiliste qui nous fait vivre comme des esclaves à vie devant passer le reste de leurs jours à payer les intérêts des hypothèques et des cartes de crédits que nous contractons sous les coups de boutoir du matraquage publicitaire et consumériste qui satellisent et magnétisent l’espace médiatique mondial.

Nous sommes convaincus dans le Cerclecad que c’est aux intellectuels et chercheurs africains prêts à donner leurs vies pour leurs peuples, qu’il revient de construire le « signe textuel africain » (la sémiologie médiatique africaine contemporaine) et en dévoiler des interprétations mobilisatrices, émancipatrices et responsabilisantes. C’est cette conviction motrice et idiosyncrasique qui m’anime au plus profond de mon âme avec une orientation iconoclaste et prophétique consciemment et publiquement assumée à mes risques et périls.

Je fais un clin d’œil à ma collègue écrivaine appartenant au Cerclecad de prendre son courage entre ses deux mains et d’accélérer et d’intensifier la cadence rédactionnelle de son ouvrage qui traitera des métamorphoses de la question noire dans cette conjoncture de récession économique mondiale. Les paroles s’envolent et les écrits nous survivent. Nous sommes tous des locataires sur la terre qui appartient à Dieu seul, et tous, dirigeants corrompus des grandes puissances et populations meurtries et assassinées de l’hémisphère Sud, nous devrions quitter ce monde. Alors, la valeur de notre passage sur terre ne dépend pas de l’amoncellement des biens matériels, des chalets, des bouteilles de vin rouge que nous aurons accumulés durant notre esclavage hypothécaire et néolibéral. Elle se mesure plutôt dans notre capacité à être humains, à compatir avec les plus pauvres et les plus meurtries par les logiques mortifères qui sous-tendent cette propulsion mondiale de la boulimie nécrocratique du capitalisme démentiel néolibéral.

L’une des contributions des Africains en cette période de crise structurelle et archétypique de la civilisation mercantiliste mondialisée, consistera à promouvoir publiquement et avec conviction la civilisation de « l’UBUNTU » comme civilisation de la reconnaissance de l’humanité inaliénable et non monnayable qui est inscrite dans les profondeurs abyssales et ontologiques de l’âme humaine appelée à une métamorphose dans la divinité, car elle y est asymptomatiquement focalisée. Oui, au –delà de la diversités de nos phénotypes, l’être humain est le même ; et c’est ce paradoxe phénoménologique que la civilisation impérialiste qui cause des esclavages, des guerres et des crises de bulles internet et hypothécaires partout dans le monde, a du mal à assumer éthiquement, politiquement et spirituellement. L’Afrique et les Africains devraient s’investir dans cette mondialisation de l’être humain (UBUNTU) et sa valeur incommensurable et réfractaire aux étalons de mesure de la mondialisation néolibérale.

Aucun homme qui lit mes ouvrages n’osera m’accuser d’être dans le camp des Africains (Noirs) qui sanglotent sur les souffrances qu’ils ont subies des Européens. Le glaive de ma plume prophétique tranche radicalement les kléptocrates négro-africains postcoloniaux avec une rare sévérité. Vous n’avez qu’à réécouter cette interview que j’ai donnée à l’émission Tam tam Canada, de Radio Canada International, le vendredi 24 juin 2011, lors du lancement de mon dernier ouvrage : De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine[9]. Écoutez mon interview au lien ci-dessous[10]

Je dois rendre ici un hommage public à Aimé Césaire qui m’avait reçu, en août 2004, dans son bureau au 1er étage de l’ancienne mairie de Fort-de-France et me confiait son inquiétude de voir l’amnésie de son peuple plus préoccupé par les distractions du système consumériste que de la quête ardue de ses racines africaines et profondes en vue de sa libération. Il faudrait aujourd’hui relire le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire pour voir l’acuité et l’actualité de son diagnostic audacieux et talentueux. Mabanckou devrait aussi relire cet ouvrage avant de balayer de revers de la main tout diagnostic critique de l’esclavage et du colonialisme au non justement de la commune humanité que tous les hommes (êtres humains) partagent de par leur appartenance commune au monde humain et à ses diverses manifestations culturelles et géographiques. La part de l’Afrique dans cette crise mondiale de civilisation et du sens de la vie revient à réactiver les vertus éthiques, thérapeutiques et compassionnelles du « UBUNTU », qui peut se définir comme la valeur inestimable de l’humanité de tout être humain qui surplombe toute particularité historique ou culturelle.

Si aujourd’hui, le capitalisme sauvage est en déliquescence mondiale, c’est justement parce qu’il a rejeté la valeur non mesurable et hors prix de l’humanité de l’homme qui relève ontologiquement de l’invisibilité, car les couleurs de la peau dont les savants et idéologues racistes réactivent à chaque époque sont destinées à pourrir dans la tombe lors de notre mort et ici les inégalités idéologiques et fallacieuses que le capitalisme néolibéral crée et diffuse dans le monde sont tout simplement pulvérisées par la puissance de néantisation de la mort.

Oui l’essentiel est absolument invisible à l’œil du corps, mais se donne à sentir, à toucher et à entendre par le sixième sens qui est l’œil de l’âme. Je pourrais m’étaler davantage sur les inepties, les mensonges et l’aliénation intellectuelle qui transparaissent de l’ouvrage négationniste de Mabanckou. Mais j’ai essayé de façon très succincte et cursive de donner mon point de vue dans la constellation des réactions et critiques suscitées par cet ouvrage négrophobe de Mabanckou. J’ai posté cette recension vigoureuse dans le blog d’Alain Mabanckou et j’attends sa réponse franche et courageuse pour poursuivre cette « gigantomachie philosophique » qui n’est qu’à ses débuts.

Fait à Ottawa le mercredi 20 juin 2012

Par le Professeur Benoît Awazi Mbambi Kungua

Philosophe, Sociologue et Théologien

Président du Cerclecad.

 



[1] Je m’inscris ici dans la dynamique épistémologique d’une histoire écrite du point de vue des vaincus, des victimes, des morts et des laissés-pour-compte de la civilisation technologique et capitaliste. Lire sur cette question le monumental ouvrage de Chris Harman, Une histoire populaire de l’humanité. De l’âge de pierre au nouveau millénaire, Paris, La Découverte, coll. « Cahiers Libres », 2011. (L’auteur affirme l’intrication entre les pouvoirs politico-idéologiques et l’écriture « officielle » de l’histoire). D’où l’urgence posée aux intellectuels et écrivains africains de dire pour quels intérêts ils écrivent : les vainqueurs ou les victimes de la violence esclavagiste et capitaliste ? D’où l’implacable question adressée à Mabanckou : pour servir quels pouvoirs et quels intérêts écrit-il ? Ceux de la France impérialiste ou ceux des peuples africains tombés sur l’autel de l’esclavage et de son odieux code noir ?

[2] Lire l’ouvrage de Paul Gilroy, Atlantique noir, modernité et double conscience, Kargo, Paris, 2003. Essai anthropo-sociologique et culturel sur les diasporas noires envisagées comme réseau s’articulant autour d’un océan, ce livre défend l’idée qu’il existe une culture qui n’est ni spécifiquement africaine, caraïbe, anglaise ou américaine, mais tout cela à la fois, réseau atlantique né des horreurs de l’esclavage considéré comme un système culturel et politique où le « capitalisme mis à nu » (les plantations) constitue un moment particulier de l’histoire de l’Occident. « L’esclavage racial dans le système atlantique est souvent étrangement absent de l’histoire officielle de la modernité européenne. La domination coloniale de la planète par l’Europe est également sous le coup d’une formidable amnésie. En quoi la mobilité, les déplacements forcés ont-ils pu être fondateurs d’une identité et d’une tradition ? ». En étudiant le concept de modernité créé par un Occident dominateur et en sapant les fondements de l’État-nation européo-américain, L’Atlantique noir tente de répondre à ces questions. De W.E.B. Du Bois, Martin Delany et Richard Wright à Michael Jackson et Jimi Hendrix, ce livre, devenu un classique aux États-Unis, refonde les bases des cultural studies tout en ouvrant de riches perspectives de réflexion. Traduit de l’anglais par Jean-Philippe Henquel. ISBN : 2-84162-063-8, 336 pages.

 

 

 

 

[3] La « violence symbolique » est une expression stratégique et architectonique dans l’œuvre du sociologue français Pierre Bourdieu par lequel il dévoile les mécanismes psychiques, idéologiques et inconscients qui font que les victimes d’une oppression sociale, politique, raciale, sexuelle et économique se culpabilisent et intériorisent le bien-fondé de leur assujettissement et abrutissement. Pour le cas des communautés africaines et surtout antillaises, la « violence symbolique » se manifeste par ces sentiments d’auto-dénigrement par lesquels les anciens esclaves et colonisés ratifient - consciemment et inconsciemment - les hiérarchies raciales, sociales et politiques qui ravalent les peuples à la peau sombre aux étages les plus bas et les plus serviles de la stratification mondiale et eurocentrique des peuples et des cultures. Combien de fois n’ai-je pas vu des Antillais se discriminer entre eux (et discriminer les Africains) par rapport à leur proximité par rapport à la couleur blanche, la couleur instauratrice des hiérarchies normatives des sociétés occidentales qui se mondialisent aujourd’hui à la faveur du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication ? Mabanckou lui-même est victime consciente de cette « violence symbolique » lorsqu’il se désigne, tout au long de son ouvrage, lui-même et les autres Africains, Africains-Américains et Antillais, comme des « hommes de couleur », et cela, sans aucun questionnement philosophique sérieux. Quelle ineptie et quelle naïveté pour un romancier détenteur du « Prix Renaudot » ?

[4] Lire toute la séquence qui relate cette empoignade violente entre l’Africain-Américain, Tim et Mabanckou dans la voiture conduit par leur ami Pierre, un métis franco-américain, en route vers une boîte de nuit pour danser la musique « afro ». Le Sanglot de L’Homme Noir, op.cit., pp. 118-126.

[5] Alain Mabanckou, Le Sanglot de l’Homme Noir, Fayard, Paris, 2012, p. 113.

[6] Achille Mbembe, « La République et l’impensé de la « race » », in : Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire (Dir.), La fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial, La Découverte, Paris, 2005, pp. 144-145.

[7] Christiane Taubira-Delannon, L’esclavage raconté à ma fille, Bibliophane/Daniel Radford, Paris, 2002, p. 44.

[8] La France fut la seule puissance esclavagiste et raciste à avoir codifié et légiféré drastiquement sur le processus abject d’animalisation et de chosification des Noirs dans l’ignoble Code Noir. Lire Louis Sala-Molins, Le Code Noir ou le Calvaire de Canaan, PUF/quadrige, Paris, 19871, 20022.

[9] L’Harmattan, Paris, 2011.

[10]http://www.rcinet.ca/francais/emission/tam-tam-canada/accueil/date/24-06-2011/

 

 

 

 

 

         Chers amis et collaborateurs du Cerclecad,    

Vous trouverez en pièce jointe le programme provisoire de notre colloque sur « les intellectuels africains » en espérant que d’autres combattants embarqueront dans le train déjà en marche. Je commence par exprimer ma déception (comprenez mon émotion !) par rapport à l’indifférence quasi-généralisée des intellectuels et universitaires africains de la région de la capitale nationale par rapport au colloque dont j’ai soigneusement préparé des recensions pour meubler le terrain. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette attitude de ponce-pilatisme : soit la paresse intellectuelle, soit l’insouciance aux questions théoriques sur l’Afrique en général à la faveur de la politique du chacun pour soi, soit encore la peur du débat. Mais quelles que soient les raisons de cette désertion, le colloque aura nécessairement lieu. Il y a 4 personnes qui m’ont envoyé leurs contributions dont deux habitent en dehors du Canada, et tout le monde connaît les tracasseries et les humiliations que les chancelleries occidentales font subir aux Africains qui viennent troubler l’eldorado occidental taraudé par la crise de la dette publique. Donc il se pourrait que nous ne soyons que deux au colloque, mais même à une seule personne il aura bel bien lieu. Ma détermination est illimitée !

         Permettez-moi de dédier ce colloque à notre jeune collègue, ami et frère John Nkoko Lipambala, décédé brusquement au mois de février à Ottawa et qui m’a écrit un courriel d’encouragement dans mon travail ingrat, périlleux et solitaire de présidence du Cerclecad. En sa mémoire et en son hommage intellectuel, je continuerai ce travail avec une grande détermination prophétique avec les collaborateurs et collaboratrices convaincus et qui en perçoivent la vision holistique et l’intentionnalité émancipatrice et responsabilisante.

         John Nkoko Lipambala, « Lieux de vente de vin de palme et débats publics : une autre face de l’espace public à Kisangani », Université de Kisangani, CODESRIA, 12ème Assemblée générale, Yaoundé, Cameroun, du 8 au 11 décembre, 2008 (http://www.codesria.org/IMG/pdf/Jean_Nkoko_Lipambala.pdf).

Cette référence est donnée pour rendre hommage et perpétuer la mémoire intellectuelle de notre jeune collègue, le regretté John Nkoko Lipambala, doctorant et chargé de cours au département des Sciences politiques de l’université d’Ottawa,  décédé brusquement le vendredi 21 février 2013 à son domicile, à Ottawa, quelques heures après qu’il m’ait envoyé un courriel d’encouragement dans mon engagement intellectuel et politique dans les activités scientifiques et mondiales du Cerclecad. Que sa combativité intellectuelle et ses écrits demeurent une « source d’inspiration » intarissable pour tous les intellectuels et chercheurs qui luttent pour la dignité, la responsabilité et la fierté de l’homme africain en ce début tumultueux du XXIème siècle ! RIP John! **http://www.codesria.org/IMG/pdf/Jean_Nkoko_Lipambala.pdf

 

Colloque annuel du Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et de diasporas (CERCLECAD).

 

THEME DU COLLOQUE : Figure et Mission de l’intellectuel africain dans les communautés africaines d’Afrique et des diasporas occidentales. Une approche pluridisciplinaire.

 

UNIVERSITE D’OTTAWA, Salle du Sénat (Tabaret 083).

au sous-sol du pavillon Tabaret (Salle 083, 75, Avenue laurier Est ou 119, Rue Wallers ou 550, Rue Cumberland),

 

SAMEDI LE 14 DÉCEMBRE 2013 DE 9H00 À 19H00.

 

Nos Sponsors :

 

1.     ADAC (Association de la Diaspora Africaine du Canada).

2.     Cabinet de Maître Clarel Midouin

3.     Département de « African Studies » de Carleton University.

4.     Le Laboratoire des Études Africaines et Diasporiques de l’Université d’Ottawa (LEAD).

 

I.                  Conditions de participation :

 

Vous devez confirmer votre participation au Colloque en nous écrivant au courriel suivant : benkung01@yahoo.fr impérativement avant le 20 octobre 2013. La participation est de 20 dollars pour tout participant. Les membres actifs du Cerclecad, et en ordre avec leurs cotisations annuelles, paieront 10 dollars. À titre de rappel, je signale que les cotisations annuelles comme membres du Cerclecad sont de 100 dollars par an pour les membres ordinaires et 60 dollars pour les étudiants dûment inscrits dans un établissement d’enseignement). Seuls les participants qui figurent sur la liste et qui auront payé les frais d’inscription sur place pourront accéder à la salle du Sénat de l’Université d’Ottawa. Nous encourageons vivement tous les participants à bien vouloir confirmer leur participation par retour de courriel à l’adresse (benkung01@yahoo.fr) avant le 20 octobre 2013. Nous avons besoin du nombre exact des participants pour préparer adéquatement la logistique (Repas, chaises, arrangements divers...). Nous encourageons vivement tous les collaborateurs et collaboratrices du Cerclecad qui ont déjà publié des ouvrages à préparer un stock conséquent de leurs ouvrages pour les exposer et les vendre au public.

 

II.               Programme des interventions et autres séquences.

 

      7H00 : Ouverture de la Salle du Sénat de l’Université d’Ottawa.

      

       7H30-8H45 : Accueil et Inscription des participants au Colloque.

* Modératrice générale du Colloque :

Madame Judith Houedjissin-Cardin

Notice autobiographique : Judith HOUEDJISSIN-CARDIN, est politologue, chercheure et auteure du livre sur « Les Administrations Publiques Africaines : Sortir de l’inefficacité Cas du Bénin, L’Harmattan, Paris, 2008. Une recension de cet ouvrage, par Benoît Awazi Mbambi Kungua, est faite dans notre ambitieux numéro 3 de la Revue Afroscopie qui paraîtra en janvier 2013 chez l’Harmattan ». Elle est spécialiste des questions de réformes administratives et de corruption. Judith est collaboratrice auprès de plusieurs centres de recherches sur l’Afrique dont l’Institut Canadien de Recherche en Développement et Études Stratégiques sur l’Afrique (ICREDESA) et a participé activement au lancement du CERCLECAD dont elle est un membre actif et engagé. Elle reste une actrice et une analyste perspicace des « questions africaines et internationales». Elle montre ainsi l’exemple d’un leadership féminin dont les communautés africaines ont urgemment besoin pour se démarquer à divers niveaux dans la société.

Secrétaire et Rapporteure du colloque :

Madame Myriam Matondo Nkenda,

Milieu familial

Myriam Matondo Nkenda (Myriam Matondo) est née à Brazzaville en République Populaire du Congo, actuelle République du Congo, encore appelée Congo-Brazzaville par opposition au Congo-Kinshasa (Ex Zaïre). Elle fait toutes ses études primaires et secondaires à Brazzaville avant d’aller poursuivre ses études en France et au Canada.  Je suis née d’un père sociologue, artiste-comédien et écrivain et d’une mère institutrice et comédienne.

Parcours universitaire et intérêts de recherche

Après cinq années passées à l’Université de Tours entre études en Sociologie et en Gestion et psychologie des temps éducatifs, elle immigre au Québec. Elle décide de renouer avec la Sociologie en préparant un diplôme de Maitrise.

Tout au long de mon parcours en sociologie, jusqu’à maintenant, mes intérêts de recherche se sont portés vers des questions liées à la vie communautaire des immigrants, au regroupement en réseaux de solidarité comme stratégies d’intégration au sein de la société d’accueil, et comme moyen d’agir pour le développement de leurs pays d’origine.

La participation sociale des acteurs de la diaspora africaine présente au Québec est le thème de ma recherche, dans le cadre de mon mémoire de maitrise. Pour questionner ce thème, en rendre compte, l’organisation mis en place par les acteurs de la diaspora africaine à travers des organismes à but non lucratif dont les projets de développement sont tournés vers l’Afrique est l’angle choisi. L’objectif de ce travail est aussi de parler des Africains qui entreprennent pour le changement, ceux qui sont acteurs du changement, bien que résidant à l’étranger. Bref, de rendre compte de ce que les Africains de l’extérieur produisent comme effort afin de voir changer les choses, aussi bien sur les plans social et action de la société civile, économique et politique.

Engagement associatif

Ayant des parents engagés aussi bien dans le milieu associatif que celui de la culture et des arts, j’ai grandi dans un environnement dans lequel le livre et la solidarité étaient valorisés. Ces valeurs m’ont porté et continuent de me porter. Elles expliquent mon engagement auprès de l’autre, mon intérêt pour l’éducation et l’alphabétisation ainsi que ma « folie » de  changer le monde.

 

9H00 : Mot d’ouverture du Président du Cerclecad et Remerciements de commanditaires et Sponsors (Professeur Benoît Awazi Mbambi Kungua, Philosophe et Écrivain).

            

1.     9H15-9H45 : Dr Alphonse Sekre Gbodje, Maitre-Assistant,

Historien, Directeur du Département d’Histoire,

                                 Université de Bouaké, Côte d’Ivoire

Mail : sekre_alphonse@yahoo.fr

 

Titre de la conférence : L’élite africaine entre conviction politique et ‘‘politique du ventre’’ : la problématique de la responsabilité de l’intellectuel africain  dans la construction de l’Afrique.

Notre argumentaire et sommaire.

Aujourd’hui, le constat est  avéré ; cinquante années après les indépendances, le continent africain est profondément désarticulé, désaxé et absent au rendez-vous des nations développées. En effet, le continent n’a pas évolué dans le sens du progrès ; il est plombé aux plans politique, économique et  socioculturel. La misère et la pauvreté se sont installées durablement chez certains peuples africains et, aucune perspective d’en sortir ne se dessine vraiment à l’horizon. Et, l’Afrique se meurt.

Comment comprendre et expliquer cette situation léthargique du continent quand on sait qu’il a en son sein de grandes têtes pensantes susceptibles de concevoir des stratégies ou des politiques de son développement ? Quelle est l’image et la place de l’intellectuel africain dans cette Afrique ? Quelle perception a t-il de lui-même ou doit-on avoir de lui en Afrique ? Quelle est sa responsabilité face aux défis de développement du continent ? Telles sont les questions sur lesquelles nous focaliseront notre attention.

Mais avant, nous voulons ramener le débat au  niveau de la vie politique africaine pour comprendre le rôle et la responsabilité de l’intellectuel africain  dans le drame de la déconstruction du continent. L’approche historique n’est pas à exclure ; il faut remonter dans le temps pour situer le contexte ancien afin d’expliquer le contexte actuel de l’évolution de l’intellectuel africain à travers sa pensée et son comportement. Ceux qu’on pouvait considérer comme premiers intellectuels africains étaient un corps de leaders essentiellement constitués d’anciens élèves sortis de l’école coloniale. Il s’agit des leaders de la trempe de Blaise Diagne et de Léopold Sédar Senghor au Sénégal, Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire, Sékou Touré de la Guinée, Kwamé N’Kroumah de la Gold Coast, Seny Kountché du Niger, Léon M’Ba au Gabon, Ouinzin Coulibaly de la Haute-Volta, Habib Bourguiba de la Tunisie … La liste n’est pas exhaustive. Cette première élite africaine, dès 1960, se fixa trois objectifs : construire la nation africaine, sortir le continent du sous développement et enfin, réaliser son unité. Voilà qu’il est clair, l’élite africaine se fixe une noble mission, celle qui consiste à  défendre  et à libérer le continent africain longtemps asphyxié par la traite des Noirs et par la colonisation. Ces défis vont entretenir l’espoir d’un futur glorieux au sein des peuples africains. Mais leur réalisation a été une utopie parce que certains leaders africains liés au pacte colonial avaient fini par trahir leurs engagements vis-à-vis du peuple africain en faisant le choix des intérêts des puissances colonisatrices. 

Avec le départ  progressif de la scène politique africaine de cette première génération d’élites et, cela, à partir des années 1980 et 1990, une nouvelle catégorie d’intellectuels sortis pour la plupart des universités africaines ou métropolitaines prennent en main la gestion des États africains. 

Ainsi, presque la quasi-totalité des universitaires, des chercheurs ou des ingénieurs africains désertent les amphithéâtres ou les laboratoires de recherches pour se ruer sur la scène politique. Partout, sur le continent, ils sont installés au pouvoir et, on assiste ça et là, à la formation de gouvernements de  technocrates dirigés par des éminents intellectuels du monde universitaire. On peut citer à  titre indicatif : Yayi Boni au Bénin,  Laurent Gbagbo (universitaire), Henri Konan Bédié (économiste) et Alassane Dramane Ouattara (ex-directeur adjoint au FMI) en Côte d’Ivoire, Abdoulaye Wade (juriste, ex-président sénégalais), Macky Sal au Sénégal et, récemment, Check Modibo Diarra (la fierté des Africains à la NASA) parachuté à la tête du gouvernement malien… Les exemples peuvent se multiplier à travers toute l’Afrique. Mais malgré tout ce potentiel de ressources humaines africaines, le débat sur le développement du continent n’a pas véritablement progressé, alors que, ces intellectuels devraient, de toute évidence, mettre au service du continent leurs expertises pour la construction et le progrès des communautés africaines.

Mais quand l’intellectuel africain, c’est-à-dire, celui  qui, en principe, devrait être le catalyseur et l’éveilleur des consciences, devient lui-même, problématique,  l’Afrique court à la dérive et, tout le corps social africain s’écroule de manière irréversible.

En Afrique, certains intellectuels, c’est le lieu de l’affirmer, ne sont ni conscients de leur statut d’intellectuel ni à la hauteur du noble rôle à jouer au sein des nations africaines. On pourrait même insister pour dire qu’ils ignorent malheureusement leur mission ; celle qui consiste à réécrire ou à réinventer l’histoire falsifiée de leur continent meurtri par quatre siècles de domination orchestrée par les puissances occidentales. Souvent et, c’est triste, ils se dérobent de cette mission de restauration de la  dignité des peuples africains. Ils sont, en effet,  partagés entre conviction  politique et ‘‘politique du ventre’’.  La ‘‘politique du ventre’’ consiste à satisfaire ses appétits primaires, c’est-à-dire, ses propres intérêts au détriment de ceux du peuple. Et, nombreux sont les intellectuels africains qui papillonnent de parti politique en parti politique au gré de leur estomac. C’est la transhumance politique ou le nomadisme politique. Ils sont de tous les pouvoirs et de tous les gouvernements et, finalement, n’ont plus de ligne idéologique à défendre. Leur nouvelle idéologie politique: c’est la ‘‘mangécratie’’. Manger à la table de tous les dirigeants politiques qui se succèdent à la tête de l’État. Cette pratique dénature l’intellectuel qui souvent oublie sa mission de conduire avec lucidité et clairvoyance le peuple africain. Il ne réfléchit plus et, on note chez lui, une absence d’éthique intellectuelle (l’honnêteté et la lucidité) qui est susceptible de caractériser fondamentalement tout intellectuel. Corrompu et sans éthique politique, il devient désormais un simple exécutant de l’ordre politique. Et, c’est ici, que se pose, de notre point de vue, la question de l’image et de la responsabilité de l’intellectuel africain en Afrique d’aujourd’hui.

Les axes de la réflexion.

1. L’intellectuel africain, qui est-il ? Comment se perçoit-il lui-même ? Comment est-il perçu dans les communautés africaines 

2. Les questions de l’absence d’une ‘‘éthique intellectuelle’’ et  d’une ‘‘éthique politique’’ en Afrique soulèvent celles de l’engagement politique et de la responsabilité de l’intellectuel africain pour la construction d’une Afrique digne et responsable.

Dr Alphonse SEKRE GBODJE, Maitre-Assistant,

Historien, Directeur du Département d’histoire,

                                Université de Bouaké, Côte d’Ivoire.

 

2.     9H50-10H20 : Dr Olivier Mbabia

 

Titre : La frustration relative chez les « jeunes intellectuels » africains francophones

 

Argumentaire :

Cette communication a pour ambition d’interroger les effets sur la tranche de population que constitue les « jeunes intellectuelles » africains francophones, de l’existence d’un déséquilibre entre le nombre de positions sociales ouvertes aux gradués et le nombre élevé de ces derniers. Quels sont les facteurs explicatifs de la frustration des « jeunes intellectuels » africains francophones ? A partir de l’angle d’analyse sociologique dit de la « frustration relative », entendue comme état de tension propre à une satisfaction attendue mais refusée (Runciman, 1966 ; Walker et Smith, 2001), on examinera dans quelle mesure l’écart négatif entre les aspirations subjectives des jeunes intellectuels africains –détenteurs d’au moins un diplôme de 3e cycle universitaire– vis-à-vis de la société et les débouchés objectifs détermine l’adoption d’une part d’un comportement particulier (mystification, pédantisme, attentisme, etc.) et d’autre part, des reconversions ou nouvelles trajectoires d’affirmation. Il s’agira ainsi d’identifier les mécanismes qui sont à la base de cette frustration, notamment la prégnance du « mythe » du diplôme (en l’occurrence le doctorat/Ph.D) dans l’imaginaire social de ces jeunes ainsi que la dévaluation des titres universitaires qui, dans une perspective bourdieusienne, se produit lorsque l’accroissement du nombre des titulaires des titres scolaires est plus rapide que l’accroissement du nombre des positions auxquelles ces titres conduisaient en début de période (Bourdieu, 1979).

 

***Notice autobiographique.

 

Olivier Mbabia est chercheur postdoctoral auprès du département de science politique de l’Université de Montréal et du Groupe interuniversitaire d’études et de recherches sur les sociétés africaines (GIERSA) dont il est récipiendaire de la bourse postdoctorale (2012-2013). Il a organisé, à l’université Laval, le colloque « Jeunesse : moteur du changement en Afrique subsaharienne ? » Il travaille par ailleurs sur l’engagement des émergents en Afrique (notamment Chine, Turquie et Corée du Sud) à propos duquel il a publié plusieurs articles dans Études internationales, Monde chinois, Géopolitique africaine, Revue européenne de géopolitique, Brazilian Journal of Strategy and International Relations, IIAS Newsletter, Equilibri, etc. Il est aussi chercheur associé à la Chaire des études chinoises contemporaines de l’Institut Catholique de Paris et membre du comité de lecture de la revue Monde chinois. Il est l’auteur de l’ouvrage La Chine en Afrique : histoire, géopolitique et géoéconomie, Paris, Ellipses, 2012.

 

3.     10H25-10H55 : Ferdinand Mayega ma Ndihe

Titre : « L’intellectuel africain de la diaspora et le développement du continent ».

Argumentaire : L’intellectuel africain aussi bien dans les communautés africaines d’Afrique que dans celles des diasporas occidentales, a une mission importante dans le développement durable et humain intégral en Afrique. En effet, si le développement est l’ensemble des modifications ou des transformations qualitatives qui favorisent l’amélioration des conditions d’existence aussi bien sur le plan politique, économique, social, culturel et sportif…, la première ressource du développement est avant tout la ressource humaine. Dès lors, l’intellectuel africain est une ressource humaine incontournable pour favoriser le take off ou le décollage de l’Afrique dans l’optique de l’émergence du continent vers le développement.

L’éminent philosophe canadien Claude Lévesque, de regrettée mémoire et l’un des grands artisans de la révolution tranquille au Québec, publiait en 2007 un livre évocateur qui avait pour titre : « Qu’en est-il des intellectuels aujourd’hui? ». Si l’universitaire québécois s’interrogeait essentiellement sur les intellectuels au Québec, ce questionnement peut s’élargir aux intellectuels africains de notre époque dont la mission du développement du continent doit être l’une des priorités sinon la première priorité du moment. Le rôle de l’intellectuel, disait le Pr. Achille Mbembe, est celui de veilleur qui essaie de scruter dans la nuit les éclaircies qui annoncent l’aube. Jean Paul Sartre pense que l’intellectuel doit être fidèle à un ensemble politique et social mais qui ne doit jamais cesser de le contester. Cette fonction de l’intellectuel rejoint celle du linguiste américain Noam Chomsky qui pense que l’intellectuel est quelqu’un qui a pour devoir de rechercher la vérité et de la dire quoi qu’il puisse lui en coûter. Quant à l’écrivain Albert Camus, l’intellectuel ne peut se mettre au service de ceux qui font l’histoire. Il est au service de ceux qui la subissent. L’intellectuel est donc un être de pensée ou un être de la noosphère. C’est pourquoi le constitutionnaliste camerounais Maurice Kamto affirme que l’intellectuel est un homme qui pense haut sans croire à son infaillibilité. Le philosophe Martin Heidegger croit que la pensée doit penser contre elle-même. D’où  l’intérêt du colloque du Cerclecad sur l’intellectuel africain. 

A la lumière du rôle majeur joué par l’intellectuel sous d’autres cieux, notamment dans le monde occidental et oriental pour favoriser le progrès social et sociétal voire le développement, nous allons essayer dans notre communication qui portera sur le thème de l’intellectuel africain de la diaspora et le développement du continent, d’analyser d’abord le concept d’intellectuel pour mieux comprendre si l’intellectuel africain de la diaspora existe encore de nos jours. Ensuite, nous essaierons de voir si les intellectuels africains vivant hors du continent comprennent mieux leur mission et s’ils s’investissent effectivement dans le développement durable et humain intégral de l’Afrique. De nos jours, l’intellectuel africain dans les communautés africaines et au sein de la diaspora remplit-il pleinement cette mission ? Nous allons essayer dans le thème de notre exposé de proposer des pistes de réflexion pour permettre à l’intellectuel africain de la diaspora de participer activement au développement de l’Afrique dans les prochaines années pour sortir définitivement l’Afrique du goulag de la pauvreté, le labyrinthe de la néguentropie, la souffrance structurelle ou mieux encore la souffrance de position.

Notice autobiographique :

Journalise, essayiste, le Camerounais Ferdinand Mayega, installé au Canada, est spécialiste des questions de diasporas, chercheur associé au Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et des diasporas (CERCLECAD) basé à Ottawa, au Canada. Il a été lauréat en 2007 avec la mention honorable du Prix International pour l'Excellence en Journalisme de l'Union Catholique Internationale de la Presse (UCIP) dont le siège est à Genève. Ce Prix qui récompensait deux reportages faits au Bénin entre autres sur le processus de démocratisation de ce pays et les souvenirs de l'esclavage et de la traite négrière à Ouidah, cité balnéaire, historique et le lieu du souvenir tragique du contact entre l'Afrique et l'Europe. Ferdinand Mayega est l’auteur de l’ouvrage : L’Avenir de l’Afrique : la diaspora intellectuelle interpellée, L’Harmattan, Paris, 2010.

 

4.     11H 00-11H30 : Professeur Benoît Awazi Mbambi Kungua.

Titre : « Textualité, Dissémination et Mondialisation : Vers une Praxis intellectuelle et politique émancipatrice ».

Notice autobiographique : Docteur en Philosophie de l’université Paris IV-Sorbonne (avec une thèse en phénoménologie (Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005) dirigée par le professeur Jean Luc Marion de l’Académie française) et titulaire d’un DEA en Théologie de l’université de Strasbourg, Benoît Awazi Mbambi Kungua focalise ses recherches pluridisciplinaires sur la quête d’un leadership éthique, intellectuel, prophétique et réticulaire, pour l’éclosion effective d’une « Autre Afrique », celle qui marche, fière, digne et debout, vers l’édification d’un avenir prospère pour ses populations malmenées par la crise économique dite « mondiale ». Il est l’actuel président du Centre de Recherches Pluridisciplinaires sur les Communautés d’Afrique noire et des diasporas (Cerclecad, www.cerclecad.org) basé à Ottawa, au Canada. Parmi ses ouvrages, signalons : Donation, Saturation et Compréhension. Phénoménologie de la donation et phénoménologie herméneutique : Une alternative ?, L’Harmattan, Paris, 2005 ; Le Dieu crucifié en Afrique. Esquisse d’une Christologie négro-africaine de la libération holistique, L’Harmattan, Paris, 2008 & De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011 Son prochain ouvrage va opérer une déconstruction phénoménologique et théologique de la modernité occidentale.

Argumentaire.

         Le but de mon intervention consiste à mettre en évidence la puissance émancipatrice du texte écrit et l’absolue nécessité de sa publication et de sa médiatisation accrue en Afrique et dans les diasporas africaines disséminées dans le monde occidental. Contrairement aux manipulations de la doxa néolibérale, le livre imprimé est la voie la plus efficace de vulgarisation des savoirs émancipateurs dans des pays africains où l’absence des bibliothèques dans des universités défaillantes est criante, et où la culture de la lecture fait défaut aussi bien chez les  couches populaires que chez les pseudo-élites corrompues et tribalistes. Un ami professeur à Kinshasa vient de m’avouer que même à Kinshasa (une capitale de plus de 10 millions d’habitants) les professeurs d’université dans leur grande majorité n’ont pas le goût de la lecture et les cours qu’ils enseignent sont datés d’au moins 20 ans par rapport aux thèses discutées actuellement dans les grands centres de production des savoirs dans le monde occidental, qui, jusqu’à présent, continue de formater directement ou indirectement les « élites » africaines par le déploiement de son pouvoir discursif (biopouvoir) et idéologique. Que nous le voulions ou pas, il n’est pas possible de déconstruire efficacement la mondialisation néolibérale sans s’être au préalable imprégné profondément de l’épistémologie qui la sous-tend. On ne critique et déconstruit sérieusement que ce que l’on connaît et maîtrise aussi sérieusement. Cet ami, professeur à l’université de Kinshasa,  m’a aussi avoué qu’aussi bien les professeurs que les étudiants n’ont pas l’argent à dépenser pour acheter des livres, préférant assurer les besoins alimentaires quotidiens : achat des sacs de foufou (farine de manioc et de maïs),  de la viande de porc, de chèvre ou de la morue. Ce qui n’est pas de leur faute, mais traduit tout simplement le désastre intellectuel des régimes obscurantistes africains qui créent ainsi des conditions optimales de leur domination scientifique et idéologique par les idées et décisions imposées par les institutions et les médias de Bretton Woods et autres cercles de pouvoir économique (think tanks néolibéraux) situés en Occident, et actuellement en Chine.

L’intentionnalité de mon discours consiste en la tentative de théorisation de la textualité du texte comme un précipité médiatico-sémiologique où se cristallisent les défis intellectuels, politiques et culturels des communautés africaines dans le monde. Pour un auteur vivant actuellement dans la diaspora canadienne, le « texte écrit et imprimé » devient l’interface ou la médiation sémiologique durable qui m’arrime à l’Afrique à travers la problématisation des défis des communautés de la diaspora canadienne fortement secouée par les affres de la récession économique mondiale dont les compressions budgétaires font des ravages psychiques et sociaux sur toutes les couches de la stratification sociale. Les premières victimes qui subissent drastiquement ces mesures de licenciement et de réduction au chômage étant, bien entendu, les minorités dites « visibles », bien que le reste de la population canadienne vive aussi dans la crainte permanente de basculer dans le chômage et dans la pauvreté qui en résulte.

         En problématisant cette sémiologie médiatique du « texte » comme lieu de conscientisation, de responsabilisation, d’émergence et de cristallisation d’une « subjectivité émancipée » par rapport aux clichés afro-pessimistes et aux esclavages insidieux de la doxa néolibérale, je poursuis simultanément plusieurs objectifs :

1/ Promouvoir une vraie praxis de la construction des bibliothèques en Afrique, comme des lieux de production d’une conscience politique individuelle et collective, capable de transmuter l’imaginaire du sujet africain paralysé par l’échec cuisant des autorités politiques de la postcolonie et les logiques discriminatoires que vivent une grande partie des communautés africaines de la diaspora. Le texte devient ainsi le médium privilégié qui permet d’arrimer les diasporas africaines au continent moyennant sa lecture et son interprétation vive, contextualisée et actualisée. Le texte permet ainsi de créer une communauté historique où la mémoire des vaincus, des morts et de toutes les victimes du capitalisme esclavagiste depuis 4 siècles continue de se sédimenter échappant ainsi à l’évanescence de la temporalité qui s’écoule continuellement. Cette sédimentation de la mémoire des souffrances, des luttes et des victoires des générations passées fait du texte un précipité inexpugnable qui témoigne et atteste de l’historicité de chaque génération par rapport à celles qui l’ont précédée et lui ont légué l’impératif catégorique de l’anamnèse et le devoir de la lutte pour casser les chaînes de l’esclavage, de l’apathie et de la résignation collective.

 2/ Lutter contre la dictature de la massification de la culture spéculaire, télévisuelle et virtuelle. La surproduction des substrats médiatiques télévisuels avec la concentration sur les images favorise l’accroissement exponentiel de l’illettrisme dans le monde, et plus particulièrement, dans les pays dirigés par des tyrans illettrés, kléptocrates et mangeocrates. Étant donné que l’institutionnalisation de la précarité professionnelle devient la norme de la mondialisation de la raison mercantiliste néolibérale partout dans le monde, et surtout, dans les sociétés occidentales paralysées politiquement et économiquement par la crise de la dette publique, des millions d’individus passent tout leur temps dans des occupations professionnelles visant uniquement la satisfaction des besoins alimentaires et domestiques qui nous arriment à notre part « d’animalité ». Ainsi, après une journée « arraisonnée » par ces contraintes matérielles et alimentaires, la tendance d’une grande majorité de citoyens des pays industrialisés d’Occident consiste à se détendre devant la télévision ou d’autres jeux sur internet à faible contenu réflexif et critique, tout en dégustant des mets africains, le tout abondamment arrosé par des vins et de la bière. Donc, en imposant des conditions de travail précaires  et serviles qui frôlent le seuil de pauvreté, le système totalitaire marchand réussit un coup de force ahurissant, en empêchant une grande partie de la population mondiale d’avoir le temps libre pour la réflexion et la critique intellectuelle et politique de la violence symbolique et de la sociodicée d’État totalitaire néolibéral. Cet État défaillant justifie la reproduction des inégalités sociales, intellectuelles et culturelles (les privilèges de l’aristocratie et de la bourgeoisie dans les vieilles sociétés d’occident érodées par la crise structurelle du capitalisme spéculatif de la dette) au sein des sociétés occidentales travaillées par des forces centrifuges et des discriminations subtiles entre les différentes strates ethnoculturelles et raciales qui les constituent. Passer des heures devant la télévision (lire l’ouvrage de Michel Desmurget, TV Lobotomie.  La vérité scientifique sur les effets de la télévision, Max Milo, Paris, 2011), le cinéma ou le facebook, ne produit pas les mêmes vertus émancipatrices que se coltiner à un ouvrage érudit des idéologues du système totalitaire marchand qui étend insidieusement son hégémonie symbolique, intellectuelle, militaire, idéologique et médiatique partout dans le monde. Il y a donc urgence pour l’intellectuel critique et prophétique de se donner la temporalité nécessaire à l’érudition qui n’a rien à voir avec le temps instantané et mécanique du système esclavagiste néolibéral. Dans cette lutte contre la massification et l’abrutissement de la culture télévisuelle et virtuelle à l’échelle planétaire, la tâche du texte est de constituer une force de destruction des mirages et des illusions des manipulations néolibérales par la production effective d’un savoir savant et libérateur qui permet à l’individu de se réapproprier son imaginaire et donc, sa capacité de créer (démiurgie) à rebours des schèmes asservissants de l’esclavage néolibéral. C’est par le déploiement conscient et volontaire des puissances spirituelles et intellectuelles de son imaginaire que l’esprit humain mime la démiurgie divine dans les limites mouvantes de sa mortalité, de sa finitude ontologique.

  3/ Enfin, la tâche du texte écrit et publié consiste à constituer une sédimentation des archives imprimées, et surtout, dans les pays africains, où il y a une absence criante des politiques d’alimentation en livres imprimés et de constitution des bibliothèques d’envergure. Mon insistance sur le texte écrit et imprimé se fonde sur la finitude de la temporalité humaine qui a besoin d’archiver ses idées fondatrices et fondamentales en leur assignant une certaine autonomie structurale. En effet, le texte dans sa texture accède à une autonomie structurale indépendamment des intentions de la subjectivité de son auteur. Il s’auto-propulse ainsi lui-même dans l’espace textuel mondial (métatextualité ou mégatextualité) et devient l’objet d’une réappropriation herméneutique et pragmatique infinie par la communauté illimitée des lecteurs se situant aux quatre coins du monde. Par ce concept énergétique et visionnaire de (mégatextualité ou métatextualité), je signifie et vise la totalité du globe terrestre comme un large espace où des textes émis de partout dans le monde gravitent et circulent à travers les ondes pour constituer la matrice textuelle qui alimente les débats intellectuels et politiques entre les citoyens du monde en quête des repères clairs et précis pour leur agir quotidien.

Contrairement à une autre manipulation du système néolibéral décadent qui soutient que les jours du livre imprimé sont définitivement comptés, j’affirme que les Africains font une fausse route s’ils continuent à tous les niveaux de la vie de gober idiotement les thèses occidentales sans le moindre discernement critique pour le seul motif de la (néo)colonisation de l’imaginaire des Africains par l’idolâtrie des productions de l’Occident capitaliste (l’Occidentolâtrie). Alors que des régions entières de l’Afrique ne sont pas connectées au réseau virtuel, il serait vraiment suicidaire pour les élites et les peuples africains d’opter pour la solution de facilité qui consiste à tout miser sur la seule bibliothèque virtuelle qui n’est que du vent qui passe, alors que la plupart des régions urbaines et rurales ne sont pas régulièrement connectées au réseau virtuel mondial (la toile mondiale).

Non pas que le livre virtuel soit en soi déficient, mais je parle à partir des sociétés africaines qui sont spontanément régies par les stratégies de l’oralité et qui ont besoin d’être contrebalancées par une vraie volonté politique et intellectuelle de promotion des bibliothèques et d’une vraie praxis populaire de la lecture des livres imprimés dans des centres construits à cet effet (médiathèques et bibliothèques). Donc l’une des affirmations de mon intervention est de faire l’apologie des livres imprimés et des bibliothèques dans les pays africains. Malheureusement, dès que nous entrons dans le domaine de l’ascèse intellectuelle de recherche et de publication des ouvrages érudits, les candidats ne se bousculent pas à la porte. Pourquoi tous les politiciens africains veulent être ministres, ambassadeurs en Occident ou proches collaborateurs des présidents corrompus et ignorants pour une grande majorité d’entre eux ?  Réponse : pour manger et pratiquer le culte politico-économique du tube digestif que j’appelle : « la mangeocratie ». Mais pourquoi on ne voit plus personne quand il est question de publier à une grande échelle des ouvrages et des dictionnaires érudits en principales langues africaines (Kiswahili, Wolof, Ewondo, Yoruba, Igbo, Bambara, Douala, Fang, Fon, Igbo, Sango, Lingala, la liste ne peut pas être exhaustive) ? Réponse : À cause de la généralisation de la paresse intellectuelle dans les communautés africaines à la faveur de la normalisation des stratégies mangeocratiques qui débouchent dans l’épidémie des bedaines repues.

  4/ C’est la raison pour laquelle j’affirme qu’il n’y a pas d’État en Afrique contrairement aux ouvrages et thèses fantaisistes de l’École africaniste et néocoloniale de Paris autour de la revue ‘’Politique africaine’’. L’échec de la greffe de l’État colonial, et donc occidental en Afrique, est tout simplement total et massif qu’il nous dispense de toute autre explication superfétatoire. Je le démontrerai dans des prochains travaux, car la politique aujourd’hui doit consister à dynamiter les derniers vestiges de la colonisation militaire, politique et idéologique, et donner à chacun individu le pouvoir mental, intellectuel et spirituel pour travailler à sa propre libération holistique en mobilisant énergiquement des stratégies personnelles de subversion, de rejet et de dissidence par rapport aux autorités illégitimes et incompétentes qui peuplent l’espace politique africain contemporain. La philosophie politique de la libération holistique que je préconise consiste à promouvoir des stratégies coriaces de désengagement des citoyens des institutions politiques agonisantes de la postcolonie et à s’auto-promouvoir publiquement comme un dissident ou un « Nègre marron ». Il faudra que les citoyens ne reconnaissent aucune autorité aux dirigeants corrompus et ignorants avec des bedaines repues, et que chacun s’occupe de sa survie en utilisant au maximum son jugement et en se regroupant par familles et par tribus. Attention ! Encore une fois, je reviens avec mon idée audacieuse et provocatrice de déserter les institutions des pseudo-états patrimoniaux et de se constituer publiquement en entités familiales et tribales pour faire face aux besoins élémentaires de la « survie quotidienne », parce qu’il n’existe pas d’État en Afrique postcoloniale et que la seule chose qui marche sont des organisations tribales, n’en déplaise au « célèbre » africaniste Jean François Bayart de Paris qui impose ses thèses fallacieuses dans tous les pays de la Françafrique. Attention ! J’espère que mes lecteurs et lectrices seront suffisamment subtils dans l’interprétation (subtilitas comprehendi et applicandi) de ma philosophie politique de la famille et des tribus. Je ne suis pas en train de promouvoir le tribalisme stupide et grossier, mais bien au contraire, je suis en train d’opérer un travail colossal de la libération intellectuelle des imaginaires des Africains qui s’entretuent idiotement pour reproduire des institutions coloniales régies par l’extraversion mentale, politique, culturelle et économique par rapport à l’Occident, lui-même aux prises avec l’une des plus grandes crises de son histoire. S’il n’y a que les organisations ethno-tribales qui marchent aussi bien en Afrique que dans les diasporas occidentales, alors, allons-y avec ardeur avec ce qui marche, et pensons et appliquons un modèle de gestion politique, sociale et économique de la société qui correspond à nos valeurs culturelles, religieuses et politiques idiosyncrasiques. Donc la voie de la facilité qui consiste à copier stupidement les institutions extraverties héritées de la colonisation occidentale ne peut que conduire à des génocides et aux affrontements entre clans et tribus (Côte d’Ivoire, la RDC, le Togo, la Libye, le Mali, le Burkina Faso, etc.) pour la maîtrise des sites et gisements alimentaires. Mais la voie de la créativité, de la réflexion ardue et de longue haleine, de la dignité inaliénable de l’Homme africain qui continue à être bafoué, ignoré et discriminé partout dans le monde, cette voie étroite et décapante, qui est prêt à l’emprunter au quotidien en assumant tous les risques et périls inhérents à toute révolution paradigmatique et philosophique ?

Benoît Awazi Mbambi Kungua.

 

Bibliographie sommaire pour approfondir :

B. Awazi Mbambi Kungua, De la Postcolonie à la Mondialisation néolibérale. Radioscopie éthique de la crise négro-africaine contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2011.

Benoît Awazi Mbambi Kungua (Dir.), Les Diasporas africaines et noires face au développement. Enjeux, Défis et Perspectives d’avenir, Afroscopie II/2012 (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), publiée par Le Cerclecad-Harmattan, Paris, 2012.

Benoît Awazi Mbambi Kungua (Dir), Le Bilan de 50 ans des indépendances politiques africaines et les défis de l’intégration des Africains au Canada. Histoire, Enjeux éthiques et Perspectives d’avenir pour la Renaissance africaine, Afroscopie III/2013 (Revue savante et pluridisciplinaire sur l’Afrique et les communautés noires), publiée par le Cerclecad-Harmattan, Paris, 2013.

 

Ignacio Ramonet, Propagandes silencieuses

Id., Géopolitique du chaos

Collectif, Humain. Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies, Flammarion, Paris, 2012,

Chris Harman, Une histoire populaire de l’humanité. De l’âge de pierre au nouveau millénaire, La Découverte, Paris, 2011.

Michel Desmurget, TV Lobotomie.  La vérité scientifique sur les effets de la télévision, Max Milo, Paris, 2011),

11H35 - 12H40 : Débat entre les panélistes de l’avant-midi et le public.

12H45-13H45 : Déjeuner et Détente.

 Modératrice de l’après-midi : Madame Judith Houedjissin-Cardin

5. 13H50-14H20 :


 

Titre de la conférence :

 

Notice autobiographique :

 

Argumentaire :

 

14H 25 -14H55 :

 

Titre :

 

Notice autobiographique

 

Argumentaire provisoire 

 

7. 15H00-15H30 :

 

***Titre :

 

*** Notice autobiographique :

 

***Argumentaire provisoire :

 

15H35- 16H05 :

Titre :

 

Notice autobiographique :

 

Argumentaire

 

16H10-16H40:

 

Titre :

 

Notice autobiographique

 

 

Argumentaire :

 

 

10.  16H45-18H00 : Débat autour des présentations de l’après-midi & Résolutions pratiques du Colloque.

 

11.  18H00-18H20 : Mot de Clôture par le président du Cerclecad et annonce du Colloque du 17 décembre 2014 et annonce du colloque du 14 décembre 2013. « Les Religiosités charismatiques et populaires dans les communautés africaines : Une critique théologique, philosophique et politique ».

 

 

12.                       18H20-19H00 :

 

13.  19 H00 : Fermeture de la Salle du Sénat.

 

III. Les actes du colloque seront publiés dans le prochain numéro de notre revue savante : Afroscopie V/2015.

Votre serviteur, Benoît Awazi Mbambi Kungua

Président du CERCLECAD.

 

 

 

 

 

 

La journaliste Sadio Kante , suppliciée par la police

Article publié le : 18/09/2013

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Auteur: Alban Mabiala

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Le lundi 16 septembre 2013, Sadio Kante, correspondante Reuters au Congo, a été battue à mort par les gendarmes à la solde du procureur de la république Ngakala Oko, au palais de justice de Brazzaville, pour avoir publié le 03 septembre 2013 son article :
Chronique d’une pagaille avérée au sommet de la police du Congo-Brazza

Ci-dessous les images:

 

 

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Mobilisons-nous à la libération des prisonniers politiques congolais

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Article publié le : 29/08/2013

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Auteur: Alban Mabiala

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Le 29 juin 2013, le président du Centre des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), M. Modeste Boukadia, a organisé un grand meeting au quartier Tié-Tié, à Pointe-Noire. Depuis ce jour, les canons des arrivistes politiques qui ne se maintiennent au pouvoir que par la violence, le crime sont pointés sur la ville de Pointe-Noire. Depuis ce jour, les militants de l’opposition congolaise en général et du CDRC en particulier subissent des persécutions quotidiennes.

Il y a quelques jours, nous avons été informés d’une manifestation organisée par la jeunesse de Pointe-Noire au cours de laquelle elle demandait la dissolution du gouvernement actuel et exigeait par la même occasion la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale.

Comme au Congo de M. Sassou Nguesso la liberté d’expression, d’opinion et surtout de manifester pacifiquement n’existe pas, sous peine d’être réduit au silence éternel, plus d’une quinzaine de personnes ont été interpellées et croupissent à ce jour en prison, dans les cellules de la police politique de M. Sassou Nguesso, sans mandat d’arrêt ni de dépôt dument délivré par un Juge. Le Royaume des arrestations arbitraires et des exécutions sommaires poursuit son œuvre de destruction massive, à la grande indifférence des lobbies françafricains qui y trouvent un bon signe de bonne gouvernance.

Nous venons également d’apprendre ce jour que le chiffre des personnes victimes des rafles de Pointe-Noire ne cesse d'augmenter et qu’il avoisinerait la vingtaine. Les personnes ainsi raflées subissent des tortures verbales, psychologiques et physiques aux fins de leur extorquer des aveux. Les parents et autres membres de familles sont tellement apeurés qu’ils ne veulent ou n’osent même pas utiliser leurs téléphones pour communiquer, parce qu’ils sont purement et simplement mis sur écoute.

En réalité, toujours selon les informations à notre disposition, il y a longtemps que le CLAN du ROI des Coups d’Etat et des Guerres au Congo avait planifié l’arrestation de M. Modeste Boukadia. Cette arrestation devait avoir lieu depuis l’aéroport de Pointe-Noire, mais ils (le Clan & Co) ne trouvaient jusque là aucun motif à lui coller sur le dos pour justifier une telle manœuvre. L’ampleur et la réussite du meeting de Pointe-Noire avait fini par pousser M. Sassou Nguesso d’interpeller le Préfet du Département du Kouilou avec des consignes strictes. L’objectif est donc d’inculper le président du CDRC, M. Modeste Boukadia, pour incitation à la révolte et tentative de coup d’Etat en vue de prononcer la dissolution du CDRC.

Toujours dans le cadre de notre quête d’informations à ce sujet, il nous est également rapporté que la DGST (Sécurité d’Etat/Police politique) aurait déjà réussi à extorquer des aveux sous la contrainte, la torture, en leur faisant dire et avouer des âneries selon lesquelles ils (les victimes des rafles) auraient été incités par M. Modeste Boukadia qui leur aurait aussi remis des armes. Voilà ce que porte la fiche transmise à M. Sassou Nguesso par ses services chargés de la répression.

Au jour d’aujourd’hui, outre les victimes des rafles de Pointe-Noire dont une femme portant un bébé de 18 mois, M. Modeste Boukadia est très activement recherché par les anges de la mort de M. Sassou Nguesso qui, lui, est très déterminé à mettre la main sur l’homme, mort ou vivant, selon les rumeurs qui courent. De ce fait, nous craignons pour la sécurité te la vie de notre compatriote et opposant Modeste Boukadia, président du CDRC.
Après les Plateaux avec l’affaire Ntsourou, les voilà qui reviennent sur leur terre de prédilection, la région du Pool, où ils ont l’habitude de chasser et prélever leur gibier pour leurs potences et les victimes expiatoires de leur propre crétinisme. En tout état de cause, c’est dans la logique du système clanique qui consiste à faire taire tous ceux qui osent parler et dénoncer l’inacceptable et l’insupportable.

Enfin, l’Equipe du Réseau Congo-Mfoa, lance un vibrant appel à tous les compatriotes de bonne foi, épris de justice, de démocratie et du respect des droits de l’homme, pour une solidarité agissante, de se mobiliser et prêter main forte à cette affaire pour faire circuler l’information, afin de faire échouer les manœuvres sordides du Clan au Pouvoir qui a toujours besoin de boucs émissaires et de sang humain chaque fois qu’il est en difficulté.

 

Sassou, le grand voleur de toute l’histoire du Congo

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Article publié le : 30/07/2013

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Auteur: Alban Mabiala

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Les NGuesso, dans le privé, sont des incorrigibles noceurs.

Tout est prétexte à fêter (souvent avec l’argent public), à faire couler le champagne ! Toujours dans le luxe des grands hôtels, dans les palaces, de Paris, New-York, Miami et Saint-Tropez. Et lorsqu’il n’y pas dans leur village de pêcheurs, un trou qui s’appelle OYO, d’endroit digne où faire la fête, on y construit un palace 5 étoiles , Alima, qu’il faudra rembourser aux Chinois avec l’argent du Peuple Congolais. Cet hôtel a été livré récemment. Il devait y être célébré en grandes pompes le 50ème anniversaire d’OYO !

Curieusement Denis Sassou NGuesso n’y avait pas assisté. Des rumeurs de coup d’Etat(s) ? Une très grande fatigue ? Nul ne sait vraiment, peu importe ! Voilà un anniversaire tout aussi insignifiant pour l’ensemble des Congolais que l’anniversaire de leur première coupure d’électricité !
Aussi, depuis que son pouvoir monarchique s’est imposé à la République du Congo, le général deux fois putschiste a fait en sorte que des évènements de sa vie personnelle deviennent, de fait, de véritables jours fériés, du moins pour son gouvernement familial et pour sa Cour.
A côté de cela, « Denis la malice » pour certains, « Denis Machiavel » pour d’autres, n’hésite pas à escamoter une date essentielle de l’histoire récente du Congo. Un anniversaire important pourrait être célébré dans les prochains jours et pourtant Denis Sassou NGuesso volontairement le passe à la trappe !

Congolaise, Congolais, peu importe le regard que vous avez sur cet évènement. Pour certains, il a été à l’origine de la longue dérive du pays. Pour d’autres, la première expression populaire ! Que « Youlou ait tout volé ou pas ! » c’est avant tout l’anniversaire du Peuple Congolais dans la rue !
Ces 13, 14 et 15 août prochains seront le 50ème ANNIVERSAIRE DES TROIS GLORIEUSES CONGOLAISES !
Le pire cauchemar de Denis Sassou N’Guesso, qui ne cesse de revenir à lui, est que les populations de Pointe Noire et de Brazzaville, dans un mouvement de ras-le-bol généralisé, sortent dans les rues et se mettent à hurler « Sassou a tout volé ! Sassou a tout volé ! Sassou a tout volé ! »


Article publié le : 30/07/2013

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Auteur: Alban Mabiala

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Les NGuesso, dans le privé, sont des incorrigibles noceurs.

Tout est prétexte à fêter (souvent avec l’argent public), à faire couler le champagne ! Toujours dans le luxe des grands hôtels, dans les palaces, de Paris, New-York, Miami et Saint-Tropez. Et lorsqu’il n’y pas dans leur village de pêcheurs, un trou qui s’appelle OYO, d’endroit digne où faire la fête, on y construit un palace 5 étoiles , Alima, qu’il faudra rembourser aux Chinois avec l’argent du Peuple Congolais. Cet hôtel a été livré récemment. Il devait y être célébré en grandes pompes le 50ème anniversaire d’OYO !

Curieusement Denis Sassou NGuesso n’y avait pas assisté. Des rumeurs de coup d’Etat(s) ? Une très grande fatigue ? Nul ne sait vraiment, peu importe ! Voilà un anniversaire tout aussi insignifiant pour l’ensemble des Congolais que l’anniversaire de leur première coupure d’électricité !
Aussi, depuis que son pouvoir monarchique s’est imposé à la République du Congo, le général deux fois putschiste a fait en sorte que des évènements de sa vie personnelle deviennent, de fait, de véritables jours fériés, du moins pour son gouvernement familial et pour sa Cour.
A côté de cela, « Denis la malice » pour certains, « Denis Machiavel » pour d’autres, n’hésite pas à escamoter une date essentielle de l’histoire récente du Congo. Un anniversaire important pourrait être célébré dans les prochains jours et pourtant Denis Sassou NGuesso volontairement le passe à la trappe !

Congolaise, Congolais, peu importe le regard que vous avez sur cet évènement. Pour certains, il a été à l’origine de la longue dérive du pays. Pour d’autres, la première expression populaire ! Que « Youlou ait tout volé ou pas ! » c’est avant tout l’anniversaire du Peuple Congolais dans la rue !
Ces 13, 14 et 15 août prochains seront le 50ème ANNIVERSAIRE DES TROIS GLORIEUSES CONGOLAISES !
Le pire cauchemar de Denis Sassou N’Guesso, qui ne cesse de revenir à lui, est que les populations de Pointe Noire et de Brazzaville, dans un mouvement de ras-le-bol généralisé, sortent dans les rues et se mettent à hurler « Sassou a tout volé ! Sassou a tout volé ! Sassou a tout volé ! »















La répression atteint le paroxysme au Congo

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Article publié le : 03/06/2013

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Auteur: Alban Mabiala

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A peine arrivé d’Addis-Abeba, le président congolais s’est directement rendu à Oyo, la capitale qu’il s’est choisie. Ne supporte-il plus l’éloignement de ses bœufs ou bien faut-il prêter crédit encore une fois aux rumeurs de sa très grande fatigue ? A 70 ans maintenant, les quatre décennies de pouvoir sans partage, à la tête du Congo, ne peuvent que laisser des traces ; d’autant plus que les ministres de ses gouvernements n’ont été des figurants qui se sont prêtés à sa dérive autoritaire et dictatoriale.

Si, durant ce genre d’épisode, la vie économique et administrative du pays se met sur « pause », l’étau de la préservation de son pouvoir ne connait pas de relâchement. Il aurait même tendance à se resserrer et à redoubler de vigilance et d’autoritarisme.

Quatre journaux viennent de payer les frais de ce tour de vis : l’Observateur, le Trottoir, le Glaive et Talassa. La fermeture des trois premiers quotidiens aurait été décidée pour masquer la réelle gêne que cause Talassa au pouvoir. Ghys Fortuné Dombe Bemba ne cesse d’harceler le pouvoir de manière récurrente sur les explosions du 4 mars 2012, les incarcérations arbitraires d’officiers dont celle du Colonel Marcel Tsourou pour masquer les véritables responsables qui sont au sommet de l’Etat. Plus encore, il ne laisse pas de répit au fonctionnement budgétaire et à l’attribution de fait des 2/3 des 4000 milliards du Budget à l’omniprésent, omnipotent et incontournable Jean Jacques Bouya.

Ghys Fortuné Dombe Bemba avait été convoqué à la CSLC. Non sans appréhension, il s’y était rendu en compagnie de son Avocat dont les policiers refusèrent la présence à l’audition. Les questions ont tourné autour d’un même sujet : pourquoi le journaliste-patron de presse s’obstinait à « vouloir nuire », par ses enquêtes et ses investigations, au pouvoir du président Sassou Nguesso ?

Nous sommes bien là au cœur du problème : celui de la conservation d’un pouvoir à tout prix ! Les militaires, les avocats, les étudiants et les journalistes en font les frais et sont malmenés tour à tour. Si l’étau s’est un peu relâché sur Maître Martin Mbemba, qui a le droit maintenant d’aller de chez lui à la Poste ou à la Mandarine, les sbires à ses trousses ne lui permettront pas de s’aventurer plus loin. Deux de ses proches, le Colonel Claude Bango ainsi qu’Armand Bouassi, un policier détaché à la BEAC interpellé le 30 avril dernier à Maya-Maya alors qu’il se rendait à Pointe Noire, sont toujours retenus à la DGST.

Les morgues, comme les rivières et les ruisseaux débordent. Les prisons sont pleines de personnes incarcérées sans jugement alors que les voleurs institutionnels et leurs complices se pavanent avec des passeports diplomatiques vrai ou faux. Les contestataires n’ont plus le droit de s’exprimer. Les journaux n’ont plus le droit de paraître et si Norbert Boungou, l’étudiant amputé de la main droite, voulait devenir journaliste, il ne pourrait plus jamais écrire contre Sassou NGuesso et son pouvoir criminel.

C’est cela la répression !

 

 

 

Denis Sassou Nguessou devant la CPI pour ses crimes

 

Article publié le : 02/10/2013

 

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Auteur: Alban Mabiala

 

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Malgré les gesticulations (inutiles) du régime sanguinaire de Brazzaville, qui organise des meetings anti-français et tente désespérément de mettre en avant "l'autorité de la chose jugée", l’affaire des 353 Disparus du Beach reste une épine dans le pied du vieux dictateur sanguinaire et corrompu congolais Denis Sassou Nguesso et une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ses serviteurs zélés.

Et pour cause, pendant que les chiens de garde du régime sanguinaire de Brazzaville aboient (alors même qu’ils savent très bien que sous l’ère Hollande, ils n’ont plus la capacité de mordre), la justice française, elle, continue son inexorable avancée vers la manifestation de la vérité dans cette affaire.

Preuve, s’il en fallait encore, que la justice française compte accélérer la cadence sur ce dossier brûlant, malgré son état de santé, l’ancien ministre de la Défense Justin LEKOUNDZOU ITIHI OSSETOUMBA, alias « Ya Lélé Maradona », a été obligé de se rendre dans le bureau du juge, à Paris, où il a été de nouveau entendu, ce mardi 24 septembre 2013.

Se sachant totalement étranger à cette affaire, Ya Lélé Maradona a livré en toute sérénité sa part de vérité au juge en présence de son avocat, Me Francis Szpiner.

Espérons que le colonel Marcel Ntsourou fera lui aussi bientôt le déplacement sur Paris pour venir livrer sa part de vérité aux juges français comme il l’a promis sur les antennes de RFI.

Quant au colonel Jean Aive Allakoua, qui est lui aussi visé dans cette affaire et qui vient d’être limogé de ses fonctions de porte-parole de la police nationale, il ferait mieux de venir donner sa part de vérité aux juges français avant de se rendre sur le front de bataille à Bangui (sa nouvelle affectation), où le pouvoir de Brazzaville pourra facilement organiser un coup pour l’éliminer (afin de le faire taire à jamais ?).
Quant à Denguet Jean François et les autres serviteurs zélés qui commettent en toute insouciance des crimes au nom de leur dévouement sans limite à ce vieux dictateur sanguinaire et corrompu, il serait grand temps qu’ils prennent enfin conscience de ce que tôt ou tard ils payeront très cher pour les conneries de leur vieux Maître.

Alban Mabiala


 

 

Denis Sassou Nguessou devant la CPI pour ses crimes

 

Article publié le : 02/10/2013

 

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Auteur: Alban Mabiala

 

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Malgré les gesticulations (inutiles) du régime sanguinaire de Brazzaville, qui organise des meetings anti-français et tente désespérément de mettre en avant "l'autorité de la chose jugée", l’affaire des 353 Disparus du Beach reste une épine dans le pied du vieux dictateur sanguinaire et corrompu congolais Denis Sassou Nguesso et une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ses serviteurs zélés.

Et pour cause, pendant que les chiens de garde du régime sanguinaire de Brazzaville aboient (alors même qu’ils savent très bien que sous l’ère Hollande, ils n’ont plus la capacité de mordre), la justice française, elle, continue son inexorable avancée vers la manifestation de la vérité dans cette affaire.

Preuve, s’il en fallait encore, que la justice française compte accélérer la cadence sur ce dossier brûlant, malgré son état de santé, l’ancien ministre de la Défense Justin LEKOUNDZOU ITIHI OSSETOUMBA, alias « Ya Lélé Maradona », a été obligé de se rendre dans le bureau du juge, à Paris, où il a été de nouveau entendu, ce mardi 24 septembre 2013.

Se sachant totalement étranger à cette affaire, Ya Lélé Maradona a livré en toute sérénité sa part de vérité au juge en présence de son avocat, Me Francis Szpiner.

Espérons que le colonel Marcel Ntsourou fera lui aussi bientôt le déplacement sur Paris pour venir livrer sa part de vérité aux juges français comme il l’a promis sur les antennes de RFI.

Quant au colonel Jean Aive Allakoua, qui est lui aussi visé dans cette affaire et qui vient d’être limogé de ses fonctions de porte-parole de la police nationale, il ferait mieux de venir donner sa part de vérité aux juges français avant de se rendre sur le front de bataille à Bangui (sa nouvelle affectation), où le pouvoir de Brazzaville pourra facilement organiser un coup pour l’éliminer (afin de le faire taire à jamais ?).
Quant à Denguet Jean François et les autres serviteurs zélés qui commettent en toute insouciance des crimes au nom de leur dévouement sans limite à ce vieux dictateur sanguinaire et corrompu, il serait grand temps qu’ils prennent enfin conscience de ce que tôt ou tard ils payeront très cher pour les conneries de leur vieux Maître.

Alban Mabiala

 

Conférence du 30 mai 2013.

 

Lieu : Salle du Sénat de l'Université d'Ottawa (Tabaret 083) au sous-sol du Pavillon Tabaret (Salle 083, 75, Avenue Laurier Est ou 119, Rue Wallers ou 550, Rue Cumberland).

 

Heure : De 15H00 à 19H00

Auteur : Alban Mabiala Nsimba.

Notice autobiographique : Alban Mabiala Nsimba est titulaire d’un baccalauréat en communication de l’université Saint Paul d’Ottawa et est en train d’achever une Maîtrise en communication à l’université d’Ottawa. Depuis mars 2010, il est le Secrétaire du CERCLECAD, où il assure régulièrement des conférences mensuelles et les responsabilités du secrétariat et de la logistique des conférences et colloques.

Titre : La critique des dictatures kléptocratiques et nécropolitiques en Afrique postcoloniale. Le cas de la République du Congo (Congo-Brazzaville).

 

Résumé de la conférence

L’exercice du journalisme est un véritable casus belli sur le Congo. Les assassinats, les emprisonnements, les intimidations, les fermetures administratives ou judiciaires des organes de presse sont le lot réservé à bon nombre de journalistes congolais, aussi bien dans le pays que ceux vivant dans les diasporas africaines d’Europe et d’Amérique du Nord.

Au Congo, la liberté de la presse et la liberté d’expression n’ont pas de sens pour les autorités politiques et même pour les citoyens qui ne supportent pas la contradiction, l’honnêteté et la défense de l’intérêt général.

L’absence de sanctions pour les atteintes aux libertés fondamentales reconnues par la constitution met en danger permanent les journalistes et les défenseurs de droits humains.

Au Congo-Brazzaville, les assassins du journaliste franco-congolais du média en ligne Mwinda, Bruno Jacquet Ossebi ou encore du directeur du Tam-Tam, Joseph Ngouala, ne sont pas recherchés.

Mon regard critique portera sur des points suivants :

-         La confiscation par un clan ethnico-politique des richesses du pays

-         L’éthnicisation de la force publique

-         Des exécutions sans remords

-         Affaires des disparus du Beach et Affaires des Biens mal acquis

-         L’oppression et la martyrisation du peuple congolais

 

Des articles montrant :

*** des journalistes harcelés par la police

Article publié le : 06/05/2013

Auteur : Alban Mabiala Nsimba

***L’étudiant Norbert Mboungou perd sa main lors d’une manifestation

Article publié le : 10/05/2013

Auteur : Alban Mabiala Nsimba

 

Commentaires des articles ci-dessous pour corroborer mes propres analyses sur la dictature sanguinaire du président Denis Sassou-Nguesso.

 

 Affaire J.F Ndenguet : Assassinat de MAO (suite)

La police de Sassou et Ndenguet reprend la main

 

 

 


Conférence du 30 mars 2012.

Lieu : Salle du Sénat de l'Université d'Ottawa (Tabaret 083) au sous-sol du Pavillon Tabaret (Salle 083, 75, Avenue Laurier Est ou 119, Rue Wallers ou 550, Rue Cumberland).

Heure : De 15H00 à 19H00

Auteur : Alban Mabiala Nsimba.

Notice autobiographique : Alban Mabiala Nsimba est titulaire d’un baccalauréat en communication de l’université Saint Paul d’Ottawa et est en train d’achever une Maîtrise en communication à l’université d’Ottawa. Depuis mars 2010, il est le Secrétaire du CERCLECAD, où il assure régulièrement des conférences mensuelles et les responsabilités du secrétariat et de la logistique des conférences et colloques.


Titre : Les défis d’embauche des minorités visibles au Canada. Quelques stratégies pour la diversification du personnel.

Résumé de la conférence

Dans cette conférence, il sera question d’embauche des minorités visibles au Canada.

Par exemple, des jeunes africains et haïtiens, nés au Canada, ayant terminé des études au Canada  sont dans des situations de chômage chronique et de précarité professionnelle continuelle parce qu’ils sont victimes des discriminations raciales manifestes. Chose beaucoup plus cruelle est le fait que ces jeunes se sont lourdement endettés (prêts & bourses) pour payer leurs études supérieures dans des universités néolibérales dont les performances se conforment au minimalisme mercantiliste et donc à l’ignorance crasse du néolibéralisme fangeux.

Parmi ces problèmes, je mentionne le fait que beaucoup d’entre eux doivent accepter n’importe quel métier pour pouvoir payer les factures, le loyer et alimenter ainsi le cercle infernal de l’esclavage néolibéral et de sa discrimination envers les Noirs. Par exemple, un de mes collègues avec qui j’ai parlé hier soir m’a parlé de son ami africain, maître en droit public, qui avait le métier de couper les têtes de poulets pour payer ces factures dans le système qui le réduit en esclavage à vie. Finalement, il est tombé dans la frustration et la dépression et a finalement décidé de rentrer dans son pays bien qu’il ait bel et bien un passeport canadien en bonne et due forme. Mais les cas des Africaines et Africains qui sont obligés d’accepter n’importe quel métier si dégradant soit-il juste pour payer les factures et le loyer d’un système qui ne fait qu’accroître le taux d’endettement par la généralisation et l’imposition des cartes de crédit, sont légion. Loin de moi la prétention de discréditer certains métiers, il me revient de dévoiler au grand jour la multiplication des situations de précarités, de chômages, de dépressions des Africains du Canada aux prises avec un étau néolibéral qui a enfin lancé une offensive tous azimuts envers les communautés noires.

La communauté africaine du Canada accumule de façon stupéfiante et à un taux très élevé, les précarités, les misères, le chômage chronique, les divorces récurrentes où certaines africaines mettent leurs maris à la porte pour manger avec leurs pasteurs incultes l’argent de subventions des enfants, les discriminations de toutes sortes

Hier à la Radio de Radio Canada la journaliste parlait des Noirs qui sont nombreux en prison. Y aurait-il moyen un jour de résoudre définitivement cette échine sémantique ? Le simple fait qu’on appelle certaines catégories de la population au Canada comme des « minorités visibles » trahit l’essence raciste des sociétés occidentales. Ma préoccupation est la suivante : quelles stratégies pour la diversification du personnel? Je passerai en revue la littérature afférente à cette problématique, histoire de souligner entre autres, la diversité au travail (ch.1), les défis de la diversité au travail pour les organisations (ch.2) et les stratégies (ch.3). Après quoi, je mettrai l’accent sur la problématique de l’étude comme telle.